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Éducation

L'université de Limoges veut garder des frais d'inscription modérés pour tous les étudiants étrangers

jeudi 6 décembre 2018 à 10:44 Par Nathalie Col, France Bleu Limousin

Des étudiants et présidents d'universités se mobilisent contre la hausse annoncée des frais d'inscriptions de certains étudiants étrangers. Ils dénoncent une "discrimination" des plus modestes. L'université de Limoges craint également d'en pâtir en matière d'attractivité et de rayonnement.

Alain Célerier, le président de l'université de Limoges milite pour garder des frais d'inscriptions accessibles à tous les étudiants étrangers.
Alain Célerier, le président de l'université de Limoges milite pour garder des frais d'inscriptions accessibles à tous les étudiants étrangers. © Radio France - Alain Ginestet

Limoges, France

Les frais d'inscriptions vont grimper en flèche l'an prochain pour certains étrangers qui viennent étudier en France. Pour ceux qui ne viennent pas d'un pays européen, l'inscription en licence s'élèvera à 2.770 euros à la rentrée prochaine, contre 170 euros actuellement. Les frais grimperont même jusqu'à 3.770 euros en master et doctorat, au lieu de 243 euros en master et 380 euros en doctorat pour les jeunes Européens. Une situation problématique à plus d'un titre pour le président de l'université de Limoges. Alain Célerier était l'invité de Françoise Pain ce jeudi sur France Bleu Limousin.

L'université de Limoges sera-t-elle beaucoup impactée par cette hausse des frais pour certains étudiants étrangers ?

Oui car nous avons 14% d'étudiants étrangers dans nos rangs, ce qui correspond à 2.200 élèves et une très grande majorité ne sont pas originaires de l'union européenne. Depuis quelques années l'université de Limoges a une politique très active à l'international, avec des partenaires privilégiés en Afrique, dans l'océan Indien et au Moyen-Orient. Tous ces étudiants là sont potentiellement concernés.

Pour vous, ça reviendrait à instaurer une sélection par l'argent et à ne permettre qu'à une élite de venir ?

Ça pourrait être ça, mais nous sommes en discussion avec le ministère car l'annonce a été assez rapide et sans concertation préalable. A Limoges comme dans pas mal d'autres établissements, nous souhaitons faire en sorte que les étudiants reçus à travers des conventions de partenariat soient exonérés de fait, en fonction de nos priorités et de nos stratégie internationale.

Dans le même temps, ça se fait dans pas mal d'autres pays alors est-ce que ce n'est pas normal de faire payer les étudiants étrangers ?

c'est vrai que ça s'est fait en Suède, où il y a d'ailleurs eu une forte chute au début, maintenant c'est rentré dans l'ordre je crois. ça s'est aussi fait de manière expérimentale l'an dernier en Allemagne. Je ne discute pas le bien-fondé sur le principe mais par ailleurs nous avons un besoin d'ouverture sur l'international en tant qu'universitaires. ça nécessite d'accueillir des étudiants étrangers et dans certains secteurs on a besoin d'eux, notamment autour de la physique et des mathématiques qui ont beaucoup de mal à se recruter. On le constate à Limoges mais aussi partout en France et même dans le monde entier. Un flux d'étudiants internationaux sur ces secteurs là permet de les former et aussi de les garder en tant qu'ingénieurs ou en tout cas de les intégrer dans nos entreprises françaises.

Former ces étudiants participe également au rayonnement de la France à l'étranger ?

Evidemment lorsqu'ils ont été formés chez nous et qu'ils retournent dans leurs pays, ça permet d'avoir des relations privilégiées. C'est d'ailleurs comme ça que nous avons noué des contacts et partenariats privilégiés notamment en Afrique où certains de nos anciens étudiants occupent des postes importants dans leurs universités d'origine et on peut travailler plus facilement avec eux.

Cette augmentation des frais d'inscription a aussi été décidée par le gouvernement pour procurer aussi une manne financières aux universités qui sont dans une situation financière difficile. Si ça ne se fait pas, vous ne risquez pas d'en pâtir ?

Je pense que ce n'est pas la solution idéale pour donner les moyens aux universités de fonctionner. Si ça se matérialise, ça peut permettre d'apporter des moyens supplémentaires pour mieux accueillir les étudiants internationaux, mais à Limoges on a déjà mis en place depuis longtemps un bureau d'accueil qui permet de mieux les intégrer. Ce sont des choses qui pourraient se généraliser dans d'autres établissements mais je ne crois pas qu'il faille compter dessus pour mieux financer les universités.