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L'Université de Poitiers se mobilise pour ne pas devenir une "fac de seconde zone"

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Par , France Bleu Poitou

Environ 300 étudiants, enseignants et personnels de l'Université de Poitiers se sont mobilisés ce jeudi contre la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Ils craignent notamment les effets d'une compétition accrue entre les facultés.

L'AG à l'Université de Poitiers a rassemblé près de 300 personnes, étudiants, chercheurs, précaires et personnels administratifs confondus.
L'AG à l'Université de Poitiers a rassemblé près de 300 personnes, étudiants, chercheurs, précaires et personnels administratifs confondus. © Radio France - Céline Autin

L'amphithéâtre du bâtiment de psychologie de l'Université de Poitiers est plein à craquer. Près de 300 étudiants, enseignants-chercheurs, et précaires de la faculté se sont réunis à l'occasion de la journée "Université morte" lancée au niveau national, pour protester contre la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) et redire leur opposition à la réforme de la retraite et celle de l'assurance chômage. 

Une compétition accrue entre les universités

Le contenu précis de la loi sur la recherche n'est pas encore connu, mais des groupes de travail ont rendu des orientations qui inquiètent les Poitevins mobilisés. Parmi elles, "la montée en puissance de l'évaluation permanente des chercheurs et des universités, avec des financements corrélés à des critères de performance", indique Anne Joulain, enseignante-chercheur en physique et représentante du SNESUP-FSU. Des critères qui vont accélérer la hiérarchisation des universités. "Très clairement, _on va avoir des universités en Ligue des champions, d'autres en promotion d'honneur ou en Ligue 2_, pour reprendre l'image prisée par le président du CNRS, Antoine Petit. Les conséquences pour le territoire seront énormes, puisque l'Université est un gros employeur."

L'Université de Poitiers ne sera pas dans la "Ligue des champions", et ça aura des conséquences pour les étudiants, le personnel et tout le territoire. Anne Joulain, enseignante-chercheur en physique

Une pancarte brandie par les manifestants contre la LPPR.
Une pancarte brandie par les manifestants contre la LPPR. - Anne Jollet

Autre conséquence redoutée de la LPPR : "si l'Université a moins de budget, elle sera poussée à accueillir moins d'étudiants", souligne Anne Joulain, ou à proposer moins de masters. Ceux qui auront les moyens de changer d'université le feront, d'autres ne le pourront pas." 

Un modèle à l'anglo-saxonne illustré après l'AG lors d'un appel skype avec des universitaires britanniques en grève, à Greenwich. "C'est tout ce qu'on ne veut pas, appuie Hélène Stevens, maître de conférence en sociologie à l'Université de Poitiers. Des étudiants endettés, des chercheurs obnubilés par la recherche de financement ... même si la grève est fatigante, on va continuer à se battre contre ce modèle de société."

L'Université de Poitiers reste mobilisée

A l'issue de l'AG, les personnes présentes ont voté dans une motion la poursuite de leur mobilisation contre la LPPR, mais aussi contre la réforme des retraites : grève (certains cours en sociologie et en psychologie sont suspendus depuis janvier), ou encore démission des responsabilités administratives. Anne-Sophie, étudiante à l'UFR de santé, peu mobilisé, va tenter d'interpeller ses camarades : "je vais envoyer des messages sur les réseaux sociaux, pour expliquer, et peut-être faire du tractage". Les candidats à la présidence de l'Université de Poitiers seront aussi sollicités, afin qu'ils précisent leur positionnement sur la LPPR.

Une assemblée générale bien suivie ce jeudi à l'Université de Poitiers.
Une assemblée générale bien suivie ce jeudi à l'Université de Poitiers. © Radio France - Céline Autin

D'autre part, cette mobilisation à Poitiers s'inscrit plus largement dans une lutte nationale. Les personnels et étudiants mobilisés vont envoyer pour la troisième fois des représentants à Paris ce vendredi, à l'occasion de la coordination nationale des facs et labos en lutte. Des appels à la convergence avec les mobilisations dans le premier et le second degré, mais aussi les transports et la santé, se sont aussi fait entendre pendant l'AG. Une manifestation a ensuite eu lieu dans l'après-midi, sur le campus. 

Environ 300 personnes ont manifesté ce jeudi à Poitiers.
Environ 300 personnes ont manifesté ce jeudi à Poitiers. - Hélène Stevens
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