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Éducation

La fac de sciences de Nancy-Vandoeuvre s'oppose à l'augmentation des frais d'inscription pour les étudiants étrangers

mardi 29 janvier 2019 à 19:25 Par Mohand Chibani, France Bleu Sud Lorraine

Le gouvernement prévoit de faire payer plus cher les étudiants étrangers inscrits à l'université. Plusieurs universités en France s'y opposent comme à la fac de sciences de Nancy-Vandoeuvre où le doyen a décidé d'entamer une grève administrative. Une assemblée générale s'est tenue hier sur le campus

L'amphithéâtre 8 de la faculté de sciences plein à craquer
L'amphithéâtre 8 de la faculté de sciences plein à craquer © Radio France - Mohand Chibani

Nancy, France

C'est dans un amphi plein à craquer sur le campus sciences à Vandoeuvre que l'assemblée générale s'est tenue ce mardi. Les prises de parole vont toutes dans le même sens : cette mesure annoncée en novembre par le gouvernement est discriminatoire et engendrerait de graves conséquences sur l'université de Lorraine et en particuliers sur la faculté de sciences. Le doyen, Stéphane Flament assiste aux échanges et recueille même des applaudissements nourris lorsqu'il prend la parole pour expliquer pourquoi il a décidé de "mettre entre parenthèse ses fonctions de doyen".  Il craint qu'avec cette mesure les effectifs chutent considérablement "cela va se traduire par une restriction de l'offre de formation, et du coup un panel de possibilités d'étudier qui sera plus faible que ce qu'il est à l'heure actuelle, y compris à destination des étudiants français. Et puis derrière cela,  ça aura un impact aussi sur la recherche scientifique. Dans certains laboratoires de recherche, on compte jusqu'à 40% de chercheurs étrangers".

La vie d'un étudiant étranger n'est pas simple. Ne la compliquez pas!

C'est au tour d'une étudiante, venant d'Algérie de prendre la parole. Elle lit un courrier qu'elle a adressé au premier ministre "Monsieur le premier ministre, je me bat chaque jour depuis mon arrivée en France. (...) nous avons choisi la France car on nous a dit que votre pays ne faisait aucune distinction entre les étudiants étrangers et les étudiants français.  Les enfants des pays en voie de développement et les enfants des pays pauvres ne sont ils pas aussi des êtres humains ? En appliquant cette loi, la France perdra l'un de ses principes fondamentaux, l'égalité. Je suis déçue de savoir aujourd'hui que ma pauvreté est pénalisante. La vie d'un étudiant étranger en France n'est pas du tout simple. Ne la compliquez pas!"

Etudiants et enseignants de la fac de sciences veulent se mobiliser - Radio France
Etudiants et enseignants de la fac de sciences veulent se mobiliser © Radio France - Mohand Chibani

Cette mesure signifierait la fermeture de la moitié des labos de recherche

Les participants doivent se mettre d'accord sur les actions à mener. Plusieurs solutions sont proposées : suspension des tâches administratives, non transmission des notes, blocus du campus...d'autres assemblées générales doivent se tenir dans les jours prochains pour voter les actions à mener. "Il faut faire reculer le gouvernement" explique Christian Poirson de la CGT, et en charge de l'accueil des étudiants étrangers à l'université de Lorraine "La fac de sciences est un véritable pôle d'attractivité donc la loi que le gouvernement envisage de prendre pour faire payer, dix fois plus cher les frais d'inscription aux étudiants étrangers extracommunautaires, c'est quelque chose qui va tuer l'université. Non seulement c'est discriminatoire mais c'est suicidaire. Par exemple, ici, à la fac de sciences, enlever les étrangers, signifierait la fermeture de la moitié des labos de recherche".

Des frais d'inscription multipliés par 16

L'UNEF a déposé une motion demandant au président de l'université de Lorraine de prendre clairement position contre la décision gouvernementale comme l'ont déjà fait une dizaine d'universités en France.

L'université de Lorraine compte 9500 étudiants étrangers dont 7500 proviennent de pays hors communauté européenne., soit un peu plus de 12% des étudiants. 1800 d'entre eux sont inscrits en doctorat.

Si cette mesure s'appliquait, un étudiant inscrit en master paierait 3770 euros au lieu de 243 euros aujourd'hui, soit seize fois plus.