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Éducation

La FCPE 21 opposée à la suspension des allocations des parents d’élèves violents

jeudi 10 janvier 2019 à 19:28 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

Va-t-on suspendre le versement des allocations familiales aux familles dont les enfants commettent des violences en milieu scolaire? Le projet ferait partie du Plan d'action contre les violences scolaires préparé par un groupe de travail. Ça ne serait pas très judicieux, selon la FCPE.

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Maxppp - Sébastien Jarry

Dijon, France

Le groupe de travail qui a planché sur le problème des violences scolaires, proposerait selon « Le Parisien », de suspendre les allocations familiales aux parents des auteurs, et le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, n’y serait pas opposé. En octobre 2018, le ministre avait promis de rétablir l'ordre et l'autorité dans les établissements, après la diffusion d'une vidéo montrant une enseignante sous la menace d'une arme factice. 

Ce n'est pas la première fois qu'on se sert des allocations familiales pour faire pression sur des familles. De 1959 à 2004, une ordonnance permettait ce type de sanction pour lutter contre l’absentéisme scolaire. Supprimée en 2004, cette disposition avait été rétablie en 2010 par la loi Ciotti sur l'absentéisme scolaire. La loi, jugée inefficace, avait été abrogée sous François Hollande en 2013.

Comment mettre en place de telles sanctions ?

Cette fois, ce sont les violences qui sont visées, suivant un procédé identique : les établissements transmettraient les actes constatés à l'inspection académique, qui les ferait suivre à son tour auprès des caisses d'allocations familiales. La suspension du versement des allocations pour le seul enfant en cause, et pas toute la fratrie, interviendrait après plusieurs avertissements. 

Mais sur quels critères ferait-on le distinguo entre des parents en difficulté dépassés par les événements, et des familles qui cautionnent sans vergogne la violence de leurs rejetons? A partir de quel degré et de quel type de violences pourrait-on envisager le retrait des allocations ? Et puis que penser d'une sanction inégalitaire puisqu'elle ne frapperait que ceux qui perçoivent des allocations, et donc pas les parents d'un seul enfant? 

Mesure injuste, pour la FCPE

A la fédération de parents d'élèves FCPE, on doute de l'efficacité et de l'utilité d'une telle mesure. « Si l’idée, c’est que sous la menace de la suppression des allocations familiales, les familles sauraient tout-à-coup faire preuve d’autorité, on peut avoir des doutes. Quand un enfant est violent, c'est qu'il va mal, et quand il va mal, le plus souvent, sa famille souffre également. Il est profondément injuste de répondre à cette souffrance par la pression », explique Isabel Amis, présidente de la FCPE en Côte-d’Or. Ce type de mesure selon elle reviendrait à dire que la violence scolaire est le seul fait des élèves et de leurs familles. Quand la violence croît, il faut, ajoute-elle, s’interroger sur sa composante réactionnelle, le sentiment d’échec, d’exclusion, de mal-être, la perte de sens. 

Pour Isabel Amis, suspendre les allocations familiales « ne ferait qu’aggraver les difficultés, en rajouter, pour des familles qui sont déjà parmi les plus fragiles et les plus démunies. Quand quelqu’un se noie, on lui lance une bouée, on ne lui appuie pas sur la tête ».