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Éducation

La phobie scolaire encore trop incomprise dans les écoles

lundi 27 août 2018 à 16:10 Par Simon Cardona, France Bleu Belfort-Montbéliard

Sur les 12 millions d'élèves attendus dans les classes pour la rentrée scolaire 2018, entre 2% à 5% d'entre eux vont la vivre comme un véritable cauchemar. Ils sont atteints de phobie scolaire. Une maladie reconnue par le corps médical, mais parfois ignoré par les enseignants.

La phobie scolaire concerne entre 2% et 5%des élèves en France.
La phobie scolaire concerne entre 2% et 5%des élèves en France. © Maxppp - Pierre Le Masson

Belfort, France

Avoir peur de l'école à un tel point qu'on y va plus, c'est le quotidien de 2% à 5% des enfants scolarisés en France. Tout commence la plupart du temps par un traumatisme qui empêche ensuite l'enfant d'aller à l'école. Le Nord Franche-Comté n'est pas épargné par cette maladie peu connue. Mais surtout peu reconnue par le corps enseignant.

J’ai fini aux urgences – Lisa, atteinte de phobie scolaire

Lisa (le prénom a été modifié, ndlr) est en quatrième. Elle a été victime de harcèlement moral en école primaire. Même si aujourd’hui tout est terminé, elle n’a pas retrouvé une vie normale. Au fur et à mesure de sa scolarité au collège, elle a développé une phobie scolaire. Le harcèlement qu’elle a subi en primaire, accompagné d’une série de petits évènements (souvent anecdotiques selon son médecin) ont provoqué chez elle une véritable angoisse qui se déclenche dès qu’elle doit prendre le chemin de l’école.

Rien ne laisse penser que Lisa souffre au quotidien. Elle est pourtant paralysée dès que le réveil sonne. "La peur que tout redevienne comme avant, que ça se passe mal à l’école. Rien que d’imaginer être sur le chemin de l’école, je suis clouée au lit. Et c’est tous les jours comme ça".

Il a fallu que ses symptômes s'aggravent pour qu'on la prenne enfin au sérieux. "Je me suis retrouvée au milieu de mon année scolaire à ne plus du tout pouvoir revenir en cours : migraines, crampes au ventre, je tremblais de tout mon corps ! À un tel point qu’on a dû aller aux urgences ." Avec ces symptômes, un absentéisme scolaire croissant et des notes qui plongent, le diagnostic est clair. Le médecin qui la reçoit indique à Lisa qu’elle a développé une phobie scolaire.

Peu d’enseignants y croient – Pascale Chrétien, Neuropsychologue

Sauf qu’au collège de Lisa, peu d’enseignants ont cru à sa maladie. Une situation difficilement vécue par l’élève, mais aussi par sa mère. On prenait sa fille pour une paresseuse. "Moi c’est l’impression que j’ai eue. Ils ne la prenaient pas au sérieux, pour eux c’est simplement une élève qui ne travaille pas, donc logique qu’elle n’ait pas de bonnes notes."

"On faisait beaucoup de remarques sur mon absence, confirme l’adolescente. Et quand je me sentais vraiment mal, ils s’en foutaient, ils continuaient à faire leurs cours. Ils ne prenaient même pas la peine de savoir ce qui se passait dans ma vie à ce moment-là."

Pascale Chrétien suit Lisa depuis qu’elle a développé cette maladie. Pour cette neuropsychologue, la réaction de ces enseignants n’est guère étonnante. "C’est une situation courante quand la personne atteinte de phobie scolaire est adolescente. En plus, quand on voit Lisa en dehors du collège, c’est une fille comme une autre. Le soir, elle a envie d’aller en cours, peut-être plus que les autres." Mais au réveil, Lisa se bloque. Elle a une peur irrationnelle de l’école et de son quotidien, la phobie scolaire.

Aujourd'hui Lisa commence à aller mieux. Elle est suivie par une psychothérapeute. Elle a aussi changé d’établissement. Un nouveau départ pour reprendre du plaisir à aller à l’école.