Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Éducation

CAP petite enfance : la proposition de Marlène Schiappa ne fait pas l'unanimité chez les professionnels

mardi 25 juillet 2017 à 15:16 Par Thomas Larabi, France Bleu Maine et France Bleu

La secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes a évoqué l'idée d'ouvrir aux jeunes parents la validation des acquis de l’expérience leur permettant d'accéder à un CAP des métiers de la petite enfance. Pour les professionnels du secteur, il s'agit d'une fausse bonne idée.

Les professionnels de la petite enfance sentent leur profession dévalorisée
Les professionnels de la petite enfance sentent leur profession dévalorisée © Maxppp - Jean Pierre Balfin

Le Mans, France

Malène Schiappa, la secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes a évoqué l'idée d'ouvrir aux jeunes parents la validation des acquis de l’expérience (VAE) leur permettant d'accéder à un CAP des métiers de la petite enfance. L'objectif : réinsérer dans les études et le marché du travail les jeunes mamans qui ont arrêté de travailler pour élever leurs enfants. Pour préparer ce CAP par la VAE, il faut aujourd'hui justifier de 3 ans d’expérience professionnelle ou bénévole dans le secteur de la petite enfance. Si la secrétaire d'Etat s'est défendue de vouloir "distribuer" des diplômes à toutes les mamans, les professionnels du secteur ne sont pas calmés pour autant. Pour eux, il s'agit d'une fausse bonne idée pour les enfants, mais également pour les mères concernées.

Un marché du travail déjà saturé

Fanny Hallermeyer était cadre commercial au moment de l'arrivée de son premier enfant. Une arrivée bouleversante qui l'a poussé à se reconvertir et à passer son CAP. Aujourd'hui, elle s'apprête à ouvrir une micro-crèche au Mans à la rentrée. Malgré son parcours, elle est contre l'ouverture de la VAE aux jeune parents : " À quoi cela va servir ? Il existe déjà la possibilité de passer son CAP en candidat libre, ce qui permet de faire des stages et d'avoir de l'expérience. Et pour passer la formation d'assistante maternelle, il n'y a pas besoin de diplôme préalable." D'autant plus que pour elle, le marché est déjà bouché et qu'un tel diplôme, sans expérience autre que l'éducation de son enfant ne suffira pas pour trouver un emploi : "Pour l'ouverture de ma crèche, j'ai reçu plus de 100 CV sans poster d'annonce ! Ça montre que des personnes diplômées et qui ont de l'expérience ont déjà du mal à trouver du travail."

Clairement, aucune structure ne recrutera des personnes ayant cette VAE " - Fanny Hallermeyer, directrice d'une micro-crèche

La maternité "ne prépare pas à tout"

Même son de cloche pour Magalie Greffier, assistante maternelle et éducatrice jeunes enfants. Elle garde jusqu'à cinq enfants chez elle et met en garde les jeunes mamans : "Être parent et être professionnel, ce n'est pas la même chose. Il n'y a pas la même relation affective avec les enfants, et c'est un vrai métier. Il faut être passionnés et investis ! "

On est pas aux 35h, plutôt aux 50 ou 60 heures " - Magalie Greffier, éducatrice jeunes enfants

Et quand Marlène Schiappa évoque la possibilité d'ouvrir aux jeunes parents les portes du brevet d'éducatrice jeunes enfants, elle saute au plafond : "il ne s'agit pas juste de changer les couches et de donner des biberons ! Il faut pouvoir élaborer des projets, avoir les connaissances pour travailler auprès d'enfants en difficulté".

"On sent notre profession dévalorisée. Je ne pense pas que la ministre voit ça comme ça, mais ça laisse penser que c'est un métier facile, accessible à tout le monde. Hors pas du tout" continue-t-elle. Cette proposition l'étonne d'autant plus que selon elle, le CAP petite enfance "n'est pas un diplôme difficile à avoir, il suffit juste d'un peu de volonté". Si certaines associations de parents voient d'un bon œil ce pas dans le sens d'une reconnaissance du travail non salarié, la secrétaire d'Etat va cependant devoir composer avec l'ire des associations de professionnels.