Éducation

La réforme des collèges entre en vigueur et suscite toujours l'inquiétude des syndicats enseignants à Dijon

Par Stéphanie Perenon, France Bleu Bourgogne mercredi 31 août 2016 à 15:31

Les syndicats d'enseignants restent mobilisés contre la réforme des collèges qui entre en vigueur cette rentrée
Les syndicats d'enseignants restent mobilisés contre la réforme des collèges qui entre en vigueur cette rentrée © Radio France - Stéphanie Perenon

La réforme des collèges, mesure phare du quinquennat de François Hollande, entre en vigueur cette rentrée. Après des mois de polémiques, elle suscite toujours l’inquiétude des syndicats enseignants, qui annoncent déjà une grève le 8 septembre.

Travaux interdisciplinaires, accompagnement personnalisé, nouveaux programmes pour les quatre niveaux du collège, la  réforme des collèges suscite toujours l’inquiétude des syndicats. Alors que les 281 035 élèves de l'académie de Dijon font leur rentrée ce jeudi 1er septembre, les enseignants ne sont pas sereins. En tout cas une large majorité d'entre eux, avec un front syndical opposé à la réforme qui représente 80% des voix aux dernières élections professionnelles..

 Pourquoi tant d’inquiétude ?

Pour Isabelle Cheviet, secrétaire départementale du SNES-FSU en Côte-d'Or, il faut une réforme mais pas celle-là! - Radio France
Pour Isabelle Cheviet, secrétaire départementale du SNES-FSU en Côte-d'Or, il faut une réforme mais pas celle-là! © Radio France - Stéphanie Perenon

Car ce que regrettent les syndicats,  c'est que les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI)  vont se faire sur des heures d’enseignement, « ça veut dire qu’on fait moins d’école » pour Isabelle Cheviet.

« Les élèves auront moins d’enseignements disciplinaires donc ceux qui aura accès au savoir ? Les élèves les plus favorisés, ceux qui sont aidés à la maison, ce qui signifie qu’en aucun cas cette réforme va résoudre les inégalités sociales et territoriales. »

Le corps enseignants  n’est pas contre la réforme mais contre celle-là !  Car elle se fait à marche forcée, explique Isabelle Cheviet, secrétaire départementale du SNES-FSU en Côte-d’Or.

« La réforme ne va pas résoudre les problèmes de difficultés scolaires ni les inégalités sociales. Au contraire elle risque de les accroitre ! »

Même chose pour l’Accompagnement personnalisé, sur le papier c'est bien mais dans la réalité, avec des classes entières ce sera difficilement réalisable. Et puis tous les programmes changent cette année, de la sixième à la troisième, "ce n'est pas sérieux" déplore Annick Alix, la secrétaire départementale Force Ouvrière dans les collèges et les lycées.

"Ça aboutit à désorganiser le travail  des collègues, on les assomme! Ils sont très stressés pour cette rentrée  et ils sont nombreux à avoir passé l'été à travailler sur les nouveaux programmes , sur les EPI. Beaucoup sont en service partagé sur plusieurs établissements et les collègues titulaire remplaçants doivent aussi faire de la concertation dans tous  leurs établissements. Il y a une grande inquiétude, les collègues se demandent comment ils vont faire."

Du côté des parents d'élèves, il y a une véritable attente, pour la PEEP, la réforme était nécessaire et elle permettra sans doute à des élèves  d’avancer avec d’autres méthodes. Tout n'est pas mauvais mais pour Odile Guérin qui préside la fédération pour la région , il faut être attentif.

"On a été vite  alors on attend de voir dans la réalisation comment ça va se passer. J'espère qu'on aura pas un an de flottement, qu'on sera calé assez vite mais j'ai quand même des inquiétude" .

 Une réforme à marche forcée selon les syndicats

Le problème c’est que la réforme se met en place à marche forcée contre l’avis des enseignants selon les syndicats. "Il y a une perte de sens pour notre métier. Ça va être difficile à gérer", conclut la professeure d’Espagnol. Une réforme qui entérine aussi la disparition des classes bi langues et des options grec et latin en l’état. La disparition des lettres anciennes avait provoqué un tel tollé que le ministère a du revoir sa copie. Les EPI compteront donc une initiation aux langues de l’Antiquité assortie d’un enseignement de complément.

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