Éducation

"La réforme des collèges ? On n'est toujours pas convaincus"

Par Katia Lautrou, France Bleu Cotentin mercredi 31 août 2016 à 8:41

La réforme des collèges s'applique à partir de cette année. (Illustration)
La réforme des collèges s'applique à partir de cette année. (Illustration) © Maxppp - Joël Le Gall

Avant les élèves demain, ce sont les enseignants qui font leur rentrée ce mercredi. La réforme des collèges entre en vigueur dès cette année et Pascal Roger, secrétaire départemental du syndicat du secondaire SNES-FSU, invité ce matin de France Bleu Cotentin, est loin d'être convaincu.

Quel est votre avis sur la réforme des collèges, très décriée et qui a provoqué de vives tensions ?

On n'est pas convaincus et ce depuis 2015, quand la réforme a été imposée. En plus, cela s'est fait au lendemain d'une grève majoritaire dans la profession. C'était un 49.3 avant l'heure ! La contestation est toujours là. Pour preuve, nous avons une grève prévue dès jeudi prochain (le 8 septembre) pour rappeler à la ministre de l'Education nationale notre opposition toujours aussi vive à cette réforme du collège. Des réformes, on en a vu énormément. Mais elles doivent profiter aux élèves et permettre à ceux qui sont le plus en difficulté de s'en sortir. Or, dans cette réforme-là, rien n'est prévu pour aller dans ce sens.

"C'est un non-sens"

Qu'est-ce qui vous fait dire cela ?

La réforme, c'est d'abord une diminution d'heures de classe pour les élèves. Comment peut-on penser qu'ils réussiront mieux avec moins de temps de cours ? C'est un non-sens. Il y a aussi dans cette réforme l'interdisciplinarité : on n'y est pas opposés, c'est très intéressant de travailler en croisant les disciplines. Seulement, ça ne devrait pas amputer les heures de cours ordinaires.

Vous avez l'impression qu'on nivelle par le bas ?

En tout cas, ce n'est pas du tout l'état d'esprit des enseignants qui veulent toujours le meilleur pour leurs élèves. Mais, effectivement, quand on réduit le temps de travail, quand on supprime les options et les classes euro... on se pose vraiment des questions.

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