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Éducation

Landes : il fait sa 36e et dernière rentrée des classes

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Par , France Bleu Gascogne

Vincent Malange fait ce lundi sa 36e et dernière rentrée scolaire. Il aura passé presque l'ensemble de sa carrière dans cette classe de Bourriot-Bergonce, petite communes des Landes.

Vincent Malange, dans la salle de classe qu'il aura occupé 36 années scolaires.
Vincent Malange, dans la salle de classe qu'il aura occupé 36 années scolaires. © Radio France - Fanette Hourt

Bourriot-Bergonce, France

Lorsqu'on s'adresse à lui, on a envie de l'appeler "monsieur" ou "monsieur le professeur". Grand, mince, les cheveux poivre et sel, une barbe blanche bien taillée, et un regard brillant cerclé de petites lunettes rondes. Vincent Malange dégage cette aisance et cette autorité naturelle des routards de l'Education nationale. Il a commencé sa carrière le 23 septembre 1979, il y a 40 ans, et il a vu des centaines d'enfants passer dans sa classe de CM1-CM2.

En 40 ans, il n'a presque rien changé. Toujours le même établissement, toujours la même classe. Il entre à l'école normale supérieure à 19 ans. Après sa formation, il passe brièvement quelques mois à Labastide-d'Armagnac, avant de poser définitivement son cartable dans cette petite école de Bourriot-Bergonce, où il aura vécu 36 rentrées des classes. 

Cette dernière rentrée est forcément emprunte d'une certaine émotion, même si Vincent Malange reste pudique. "Je vis la chose presque dans la normalité, puisque, quand on est le nez dans le guidon, il faut quand même avancer. Il y a des enfants qui arrivent. Eux se fichent pas mal que ce soit ma dernière rentrée."

"L'écart se creuse avec les enfants"

Comme chaque année, il organise méticuleusement cette rentrée. Il prépare sa classe, les manuels, et veille à renouveler les exercices, pour éviter à certains de ses élèves de faire deux années de suite la même chose. Et après 40 années, il n'a aucune lassitude. "J'aime mon métier, et j'ai su me renouveler. Surtout, ma fierté, c'est d'avoir réussi à monter des projets pédagogiques avec mes élèves et de les avoir tous emmenés en voyage scolaire", décrit-il dans un sourire. Tous les enfants qui sont passés dans sa classe sont en effet partis au moins une fois, que ce soit à Paris, ou à Uffheim, commune d'Alsace avec laquelle Bourriot-Bergonce est jumelée.

Dans sa classe, le souvenir de 36 années d'enseignement. - Radio France
Dans sa classe, le souvenir de 36 années d'enseignement. © Radio France - Fanette Hourt

Mais, à 59 ans, Vincent Malange sent en revanche qu'il est temps de passer la main. "L'écart se creuse avec les enfants. J'ai des cours moyens, ils ont 10 ans, donc il y a un écart qui se creuse. On n'est pas des dinosaures, mais on n'est plus dans leur temps à eux", dit-il sans amertume.

L'instituteur constate aussi que le métier a changé en 40 années. "On réforme beaucoup dans l'école et je trouve que c'est un problème. Un problème de stabilité à la fois pour les enseignants, à la fois pour les élèves, explique-t-il. C'est la seule chose qui m'aura un peu gêné dans ma carrière, ajoute-t-il. Mais tout le reste, ça aura été un bon souvenir."

Il a fallu s'adapter aux nouvelles technologies et aux nouveaux usages. - Radio France
Il a fallu s'adapter aux nouvelles technologies et aux nouveaux usages. © Radio France - Fanette Hourt

Des souvenirs jalonnés de centaines d'enfants. Mais"on se souvient assez bien des élèves finalement", assure Vincent Malange en souriant. Mais il avoue que certains l'ont plus marqué que d'autres, "ceux qui ont au départ des situations très difficiles, et qui ont une force. Moi j'ai toujours été troublé par ça. C'est une force qui fait que ce sont parfois les enfants qui sont les plus brillants de la classe, qui avancent le plus vite et qui réussissent et ça, je suis impressionné." 

Il y a eu des enfants à côté desquels je suis passé, que je n'ai pas compris, que je n'ai pas su aider. J'ai été maladroit avec eux. Je le regrette." — Vincent Malange, instituteur depuis 40 ans

Pour autant, Vincent Malange sait qu'il n'a pas toujours été l'instituteur idéal. Il évoque cette ancienne élève, qu'il a recroisé des années plus tard, et qui lui a avoué qu'elle avait mal vécu ses années scolaires avec lui. "J'ai trouvé ça bien qu'elle le fasse, explique-t-il sobrement. Mais ce n'est pas toujours possible, parce qu'on ne recroise pas toujours les enfants ou qu'ils n'ont pas forcément envie d'en parler." Et d'avouer : "Il y a eu des enfants à côté desquels je suis passé, que je n'ai pas compris, que je n'ai pas su aider. J'ai été maladroit avec eux. Je le regrette, ajoute l'instituteur dans une émotion pudique. Le but n'est jamais d'être négatif avec un enfant. On l'est, on est maladroit dans les paroles, dans la manière de réagir, mais il y a un regret, et c'est l'occasion de le dire."

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