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Landes : il prend la parole pour défendre les AESH

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Par , France Bleu Gascogne

Il le dit lui même "j'exerce le magnifique boulot d'AESH", mais justement, parce qu'il aime son travail, Sébastien Cazaubon a décidé de se battre pour qu'il soit mieux reconnu. Témoignage.

Sébastien Cazaubon se bat pour défendre une meilleure reconnaissance des AESH (Accompagnants d'élèves en situation de handicap)
Sébastien Cazaubon se bat pour défendre une meilleure reconnaissance des AESH (Accompagnants d'élèves en situation de handicap) - Sébastien Cazaubon

Sébastien Cazaubon habite à Commensacq. Il a 39 ans. Suite à une reconversion professionnelle, il exerce le métier d'AESH (accompagnant d'élèves en situation de handicap) depuis un an et demi. Un travail qu'il adore et parce qu'il aime ce qu'il fait, il a décidé de prendre son bâton de pélerin pour défendre la cause d'un métier de l'ombre, en manque, dit-il, de reconnaissance et pourtant essentiel pour l'inclusion des enfants souffrant d'un handicap en milieu dit "ordinaire". 

"On effectue un boulot magnifique, mais qui a peu de visibilité et peu de valorisation", résume le trentenaire, qui déplore un manque de reconnaissance du ministre de l'Education : "Il encense l'inclusion, mais s'il y a l'inclusion scolaire en France c'est grâce aux AESH, on est 100.000 aujourd'hui, et à côté de ça, la réalité c'est qu'un AESH touche entre 600 et 800 euros par mois, a un statut précaire, un contrat précaire. Il y a une injustice et pourtant, nous sommes tellement essentiels pour les élèves en situation de handicap."

Pas d'AESH, pas d'inclusion scolaire

Un AESH intervient en milieu scolaire, de la maternelle au lycée, pour aider les enfants souffrant d'un handicap. Ce handicap peut aller du trouble de l'attention à un handicap moteur lourd, en passant par le trouble du spectre autistique, la trisomie ou bien une maladie comme le cancer. Les AESH accompagnent ces enfants pour qu'ils bénéficient d'une scolarité la plus "normale" possible. Pour cela il peut lui arriver de canaliser des crises, d'aider à la prise de note, voire aider au repas ou aider à la socialisation. 

Beaucoup de missions, et parfois plusieurs enfants à s'occuper par semaine, pour un salaire moyen de 700 euros, "il y a beaucoup de temps incomplets". Sébastien Cazaubon touche "780 euros", il estime être "un privilégié". Mais, il fait comme beaucoup d'autres de ses collègues AESH : il a trouvé un autre travail pour vivre, il accompagne un enfant autiste au lever et au coucher : "Au mieux avec mes deux métiers, je touche 1.100 euros."

Ce qu'il redoute également, c'est qu'avec la généralisation des Pôles Inclusifs d'Accompagnement Localisés (Pial), les AESH ne soient plus affectés à un établissement, mais doivent suivre des enfants dans plusieurs écoles, collèges ou lycées : "On s'oriente vers un accompagnement au rabais." Pour cette rentrée, Sébastien Cazaubon ne sait rien, il est inquiet de savoir s'il va retrouver les deux élèves qu'il suivait l'an dernier : "Un des deux m'a contacté par SMS en me demandant : Sébastien, ce sera toi à la rentrée ? Je n'ai pas pu lui répondre, je lui ai expliqué la situation. C'est pas facile pour eux non plus, parce qu'ils s'habituent à leur AESH, il y a une relation de confiance qui s'installe et pour eux ça peut être une source de stress également, de commencer une rentrée sans savoir qui va les accompagner."

Un combat par amour de son métier 

Sébastien Cazaubon ne regrette pas sa reconversion : "Je suis un amoureux de mon travail, si on fait ce travail c'est vraiment par amour". Et c'est par amour qu'il a décidé d'embrasser la cause des AESH : "Il y a des choses à changer, et par amour j'ai décidé de mener ce combat, pour améliorer les choses. Ce sera long, mais des AESH bougent partout en France, et on espère que ça fasse boule de neige et qu'enfin notre ministre ouvre les yeux, nous écoute pour que ce beau métier puisse perdurer. Parce que, malheureusement, je reçois des messages tous les jours d'ESH qui démissionnent, qui tombent en dépression, et je ne donne pas cher de ce boulot à court et moyen terme."

Sans AESH, les enfants en situation de handicap "seront laissés de côté et ne pourront pas suivre le rythme" prévient Sébastien Cazaubon, qui demande "des temps complets, pour avoir des salaires plus conséquents, une amélioration des contrats de travail, des CDD de 6 ans avant peut-être d'obtenir un CDI". 

Sur sa page Facebook, Sébastien Cazaubon relate chaque interview, chaque entretien qui fait avancer le combat. Il rencontre les divers parlementaires landais. Il a rendez-vous ce mercredi à l'Inspection Académique. Il s'est rapproché du mouvement de Jean Lassalle et a mobilisé des artistes, sportifs et personnalités comme Anne Roumanoff, Marc Vanhove, Gérard Baud, Léo Coly, Pépito Elhorga, Charles Ollivon, Norbert Tarayre, Anthony Joubert, Fabienne Thibeault, Tex, David Olaizola, Michel Etcheverry,...

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