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Éducation

Latifa ibn Ziaten, une mère d'une victime du terrorisme à la rencontre de collégiens perpignanais

vendredi 1 février 2019 à 22:05 Par Tanguy Bocconi, France Bleu Roussillon

Latifa Ibn Ziaten est la mère de Imad, un militaire assassiné en mars 2012 à Toulouse par le terroriste Mohamed Merah. Vendredi elle s'est rendu pour la première fois à Perpignan pour prévenir les jeunes du collège Joseph Sébastien Pons des dangers de la radicalisation djihadiste.

Latifa Ibn Ziaten a longuement échangé avec des collégiens très attentifs
Latifa Ibn Ziaten a longuement échangé avec des collégiens très attentifs © Radio France - Tanguy Bocconi

Perpignan, France

Depuis la disparition de son fils Imad, sous-officier parachutiste assassiné en mars 2012 à Toulouse par le terroriste Merah, Latifa Ibn Ziaten n'a de cesse de parcourir la France pour prévenir des dangers de la radicalisation djihadiste. Avec les membres de son association "Imad pour la jeunesse et la paix", elle multiplie les rencontres dans les quartiers, les établissements scolaires ou les prisons pour partager son témoignage de victime du terrorisme et promouvoir la tolérance religieuse, le respect, l'entraide, et le vivre ensemble.   

Des messages qu'elle a dispensé au cours de 3 heures d'échanges ce vendredi matin avec 90 élèves de 4eme du collège Joseph Sébastien Pons dans le quartier du moyen Vernet à Perpignan, un établissement scolaire classé REP + . Une rencontre marquante pour tous ces adolescents.

Détourner les jeunes de l'idéologie terroriste

Quand elle s'adresse à un élève, Latifa Ibn Ziaten l'appelle "mon fils" ou "ma fille" et répond sans détour à toutes les  questions sur l'assassinat de son fils Imad, première victime du terroriste Merah  et sur sa douleur de mère... Un message qui porte auprès de ces adolescents qui se disent impressionnés par son courage : "moi je l'admire: après tout ce qu'elle a traversé, et malgré la mort de son fils , elle continue à venir en aide aux autres. Je me suis senti très proche d'elle, de ses valeurs. C'est une femme fière de ses origines marocaines et de sa vie en France, elle est libre et forte " explique Abdel. 

Témoignages et réactions d’élèves du collège Pons

Visiblement les paroles de Latifa ont un écho auprès de tous ces jeunes, à l'image de Sarah " On peut vivre tous ensemble en étant chrétien, musulman, juif ou même si on pas de religion ! On est tous des êtres humains non ? Alors on est tous égaux". D'autres comme Enzo retiennent le danger que peuvent représenter l'influence de certains réseaux sociaux : "faut se méfier, pas faire confiance à n'importe qui et croire n'importe quoi, comme ces djihadistes qui te lavent le cerveau en faisant croire qu'ils ont de belles villas avec piscines en Irak ou en Syrie alors qu'en fait c'est la guerre, qu'ils sont embrigadés et que tout leur est interdit"

L'importance de l'école et du rôle des parents

Pendant toute la durée des échanges, Latifa Ibn Ziaten insiste beaucoup sur le rôle des adultes dans l'encadrement des enfants pour lutter efficacement contre la radicalisation : "il faut écouter et respecter vos parents, c'est essentiel. Ne décrochez pas à l'école, vous devez  passer vos diplômes pour obtenir un travail, fonder une famille et vivre  votre vie ".  

L'appel de Latifa Iben Ziaten pour plus de mixité sociale en milieu scolaire

Mais si cette mère de famille de 59 ans refuse toute fatalité, elle reste consciente des difficultés que rencontrent ces jeunes au quotidien dans les quartiers populaires et regrette la faiblesse de la mixité sociale dans certains établissements: " Bien sûr qu'il faut de la mixité ! Il faut ouvrir les ghettos, il faut ouvrir les cités. Il n'y a pas assez de mélange, on est dans une école publique en France, et pourtant ici je ne vois quasiment que des enfants d'origine maghrébine, ce n'est pas normal. Ils restent entre eux dans leurs quartiers, alors qu'on connaît nos souffrances nos échecs...dans ces conditions on a aucune chance d'aller ailleurs ! Et pourtant cette jeunesse c'est l'avenir de notre pays, elle doit avoir sa chance comme les autres."

Heureusement il y a aussi les professeurs, auxquels Latifa Ibn Ziaten rend un vibrant hommage : "Quand je vois leur passion, leurs yeux qui brillent et leur investissement comme ici auprès de élèves, je me dis que rien n'est perdu. Je sais que vous donnez beaucoup mais ne lâchez pas c'est trop important: il suffit d'accompagner les enfants pour que tout soit possible ."

Latifa Iben Ziaten entourée de professeurs du collége Joseph Sébastien Pons à Perpignan - Radio France
Latifa Iben Ziaten entourée de professeurs du collége Joseph Sébastien Pons à Perpignan © Radio France - Tanguy Bocconi