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Éducation

Le calme retrouvé au lycée Galliéni à Toulouse

vendredi 7 septembre 2018 à 3:15 Par Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie

Un gros semestre après la crise qu'a traversé le lycée Galliéni à Toulouse, France Bleu est retourné dans cet établissement où les violences de certains élèves avaient poussé les enseignants à la grève. Avec des moyens supplémentaires, la rentrée 2018 s'est déroulée dans une toute autre ambiance.

Le lycée Gallieni accueille environ 850 élèves.
Le lycée Gallieni accueille environ 850 élèves. © Radio France - Bénédicte Dupont

Toulouse, France

Le ministre de l'Education lui-même s'était emparé du dossier Galliéni fin janvier. C'est dire si le seuil de gravité avait été atteint dans ce lycée professionnel et technologique, spécialisé dans les métiers du transport routier et de la logistique. Feux de poubelles, bagarres, détérioration de matériel, les enseignants n'en peuvent plus, ils dénoncent ouvertement le fait que quelques individus sont scolarisés dans ce lycée alors qu'il 'y ont pas leur place, pas l'envie non plus. Le proviseur, pourtant épargné par les grévistes,  est très vite écarté et muté à Carcassonne, le Dasen (inspecteur d'académie) désigné par le personnel comme le principal responsable est envoyé dans une autre académie.

REPORTAGE - Ça va mieux alors à Galliéni, Bénédicte Dupont (1'46'')

40 caméras de surveillance ont été installées dans les cours, les couloirs. - Radio France
40 caméras de surveillance ont été installées dans les cours, les couloirs. © Radio France - Bénédicte Dupont

Des caméras,du personnel supplémentaire et plus d'écoute

Mais la révolution est en marche route d'Espagne. Et ce depuis février et le coup de balai ministériel. Un nouveau proviseur a été dépêché, Fabrice Pinteau en provenance du collège REP Vauquelin au Mirail, épaulé par une adjointe "conseillère-sécurité", Mireille Pène, débarquée de Carmaux. Tous deux ont pu bénéficier d'importants nouveaux moyens humains et matériels : la Région Occitanie a financé 40 caméras de surveillance répartis dans les cours, les couloirs. Et, sur le budget de l'Education Nationale cette fois,  deux nouveaux AED (assistants d'éducation) ont complété l'équipe des surveillants dont un APS, un assistant de prévention et de sécurité, poste réservé aux établissements sensibles.

C'est clair que ça s'est calmé. La police a fait le ménage, et puis les surveillants et les profs sont beaucoup plus fermes et aussi plus à l'écoute. Les filles (NDLR : 10% des effectifs) pouvaient parfois être embêtées. C'est moins le cas. — Coralie, Anthony et Jérémy, élèves à Galliéni pour la 4e ou 5e année

Difficile en revanche de savoir ce que sont devenus les fameux "éléments perturbateurs" qui étaient dans l’œil du cyclone cet hiver, la poignée de jeunes hommes soupçonnés de provoquer les violences, de les attiser même. Officiellement, la direction dit que ces personnes-là n'ont jamais été clairement identifiées. Officieusement, les professeurs et les élèves parlent des descentes de police de février qui ont calmé voire arrêté les plus énervés, des habituelles exclusions en fin d'année et puis certains agités seraient restés à Galliéni.

De toute façon, chaque année ici c'est la même chose à la même période : décembre à mars, juste avant les vacances de Noël et ensuite juste avant les examens. Il y a une grosse agitation, l'an dernier c'était intenable. Donc on verra si les nouveaux moyens seront suffisants cet hiver. — Nicolas Tournier, enseignant en génie mécanique (Snetaa-Fo)

Fabrice Pinteau le nouveau proviseur arrivé en février. - Radio France
Fabrice Pinteau le nouveau proviseur arrivé en février. © Radio France - Bénédicte Dupont

De nouveaux projets pour une nouvelle image

La nouvelle proviseure adjointe, "conseillère-sécurité" a surtout un rôle éducatif. Il lui incombe notamment d'insuffler une nouvelle dynamique pédagogique. Elle met en place des partenariats notamment avec la Croix-Rouge qui ouvre une option à Galliéni, ou encore les Cordées de la Réussite en lien avec de grandes écoles. Il y a aussi ces ateliers éducatifs de deux heures hebdomadaires obligatoires pour les classes de seconde pour "développer un sentiment d'appartenance".

Il faut tourner une page, redémarrer avec des règles à respecter. On l'a fait comprendre aux élèves dès lundi. J'ai convoqué dans mon bureau trois élèves qui étaient en retard dès le jour de la rentrée pour leur signifier qu'ils devaient suivre le règlement. — Fabrice Pinteau, proviseur

Et puis il y a un effort fait sur les activités, les sorties culturelles, dans les Musées ou à l'étranger. Le lycée souhaite aussi développer des sections "d'élite": une classe européenne a vu le jour par exemple, avec des heures de langue étrangère supplémentaires.

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education à propos du lycée Galliéni le 6 septembre 2018 (document France Info)

Le lycée Galliéni a beaucoup progressé depuis la crise. Avec leur potentiel, ils sont capables d'être attractifs, c'est l'objectif affiché.— Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education

Encore des problèmes à régler

D'autres bons signaux ont su convaincre le personnel enseignant : la nouvelle rectrice et la nouvelle inspectrice d'académie sont toutes les deux venues à Galliéni, même plusieurs fois depuis février. Le rectorat est désormais à l'écoute. "L'ancien Dasen n'avait jamais mis les pieds chez nous", glisse les professeurs. Le rectorat a également donné son accord pour créer une classe de seconde générale technologique. Malheureusement, peu de candidats se sont manifestés et la classe n'a pas ouvert. Preuve que l'établissement a un sérieux problème d'image. Et puis, la motivation de certains élèves est toujours en question, c'est une problématique nationale qui concerne la filière professionnelle.

On est confrontés au fait que les élèves ne peuvent pas redoubler. En Bac pro, certains élèves ne valident pas leur stage, ils ne peuvent donc pas avoir de diplôme et ils sont là quand même. On ne peut pas attendre d'eux qu'ils soient impliqués et motivés.— Magali Gabaude, professeure d'espagnol

La direction répond que 60% des élèves entrants avaient noté Galliéni en vœu numéro un ou deux dans leur cursus, ils sont donc ici par choix. "C'est un choix géographique plus que stratégique. La plupart viennent du quartier, ils s'inscrivent ici pour rester dans leur milieu, pas toujours parce que nos filières les intéressent", répond un enseignant.