Éducation

Le centre d'éducation conductive de Bayeux financé pour les trois prochaines années

Par Nolwenn Le Jeune, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) mercredi 11 octobre 2017 à 11:57

Honorine, 10 ans, et sa maman Bérangère Pioger, qui a fondé le centre avec son mari.
Honorine, 10 ans, et sa maman Bérangère Pioger, qui a fondé le centre avec son mari. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Une reconnaissance pour le centre d'éducation conductive de Bayeux. Fondé en 2012 par les parents d'Honorine, il vient de recevoir un agrément de l'Agence Régionale de Santé, qui lui assure la pérennité financière pour les 3 années à venir. Le centre s'occupe d'enfants poly-handicapés.

Le centre d'éducation conductive de Bayeux a été créé en 2012 par Eric et Bérangère Pioger, les parents d'Honorine. Ce centre, qui ressemble à une école, délivre une méthode hongroise, adaptée à des enfants poly-handicapés, comme leur fille. Il accueille actuellement 4 enfants. L'ARS vient de lui délivrer un agrément expérimental qui assure son financement pour les 3 prochaines années.

C'est un soulagement et une reconnaissance pour nous, mais surtout pour nos enfants. On reconnait leur handicap, en le prenant en charge financièrement.

La réaction des parents des enfants accueillis dans le centre d'éducation conductive de Bayeux est à la hauteur des difficultés qu'ils affrontent depuis des années. Leurs enfants sont tous atteints de pathologie différentes, mais qui se traduisent concrètement par des handicaps multiples. Et dont la prise en charge est compliquée. "Si on avait écouté les médecins au début, notre fille serait un légume", se souvient Bérangère Pioger. Sa fille Honorine, 10 ans aujourd'hui, se déplace avec un déambulateur, apprend la propreté, mange seule, rit aux éclats... "Et elle a son petit caractère...!" sourit sa maman.

Le but de la méthode hongroise : apprendre l'autonomie à ces enfants

Avec son mari, elle a découvert la méthode d'éducation conductive, une méthode inventée en Hongrie, quand le diagnostic a été posé pour leur fille. Cette méthode, qui n'était appliquée à l'époque que dans un centre situé à Pouilly sur Loire, sollicite les enfants en permanence, pour leur apprendre les gestes simples de la vie. Manger, marcher par exemple. Le but est de leur permettre d'être autonomes. Eric et Bérangère Pioger ont créé une association "Honorine lève toi" pour récolter des fonds. Et en 2012, le centre a pu ouvrir à Bayeux. "Un véritable parcours du combattant, c'est peu de le dire", résume Bérangère Pioger. "Mais quand on voit les progrès réalisés par notre fille, ça en valait la peine !"

Après le déambulateur, Honorine apprend à se déplacer avec des tripodes. - Radio France
Après le déambulateur, Honorine apprend à se déplacer avec des tripodes. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Le centre scolarise en moyenne 4 à 5 enfants chaque année. Il fonctionne avec une "conductrice", sorte d'institutrice, venue de Hongrie, et des accompagnateurs, un par enfant. Mais le coût, environ 1300 euros par mois, est entièrement à la charge des familles. Les parents de Sarah, 9 ans, accueillie depuis le début elle aussi, ont créé une association "Sarah rayonne" pour récolter des fonds. Alors l'agrément délivré par l'ARS est une "véritable bouffée d'oxygène", explique Caroline Leroux, la maman de la petite fille. "C'est un tel soulagement que je n'ai pas encore réalisé... On va enfin avoir des week-ends, profiter un peu plus de la famille, plutôt que d'être tout le temps en train de courir après les sous..!"

Un projet d'ouvrir une deuxième classe en 2018

L'Agence Régionale de Santé vient de délivrer au centre de Bayeux un agrément expérimental pour 3 ans. Concrètement, cela signifie que la prise en charge des enfants va être assurée financièrement par l'Etat. Elle ne sera donc plus à la charge des parents. Et le centre envisage d'ouvrir une deuxième classe pour les enfants plus jeunes. "Car plus la stimulation neurologique intervient tôt dans la vie de l'enfant, plus les progrès sont rapides et importants", explique Bérangère Pioger. Sachant que les classes peuvent accueillir jusqu'à six enfants, Anaïs, Oscar, Honorine et Sarah auront certainement beaucoup plus de camarades à la rentrée prochaine !

Une salle de classe, presque comme toutes les autres, au centre d'éducation conductive de Bayeux. - Radio France
Une salle de classe, presque comme toutes les autres, au centre d'éducation conductive de Bayeux. © Radio France - Nolwenn Le Jeune
Anaïs, Sarah, Honorine et Oscar : le centre accueille actuellement 4 enfants. - Radio France
Anaïs, Sarah, Honorine et Oscar : le centre accueille actuellement 4 enfants. © Radio France - Nolwenn Le Jeune