Éducation

Le collège Marcelle-Pardé de Dijon veut sensibiliser ses élèves au cyber-harcèlement

Par Marion Bargiacchi, France Bleu Bourgogne jeudi 3 novembre 2016 à 18:14

Les élèves vont débuter l'atelier de création d'affiches sur le harcèlement.
Les élèves vont débuter l'atelier de création d'affiches sur le harcèlement. © Radio France - Marion Bargiacchi

Le collège Marcelle Pardé participe à un concours national d'affiches pour parler du harcèlement scolaire; Chaque année 700.000 élèves en sont victimes : brimades, moqueries et même violences physiques. Avec la multiplication des réseaux sociaux, le harcèlement scolaire continue jusqu'à la maison.

Chaque année 700.000 élèves sont victimes de harcèlement scolaire. Moqueries, brimades, violences physiques. Aujourd'hui, avec la multiplication des réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Snapchat ou Instagram), le harcèlement se poursuit jusqu'à la maison sur les ordinateurs et les smartphones.

Alors le collège Marcelle Pardé de Dijon a voulu sensibiliser ses élèves. Deux classes de sixième participent au concours national de création d'affiches. Le but ? Créer du visuel pour alerter sur les dangers du harcèlement et du cyber-harcèlement.

Le harcèlement 2.0, sans limite

Laura* est élève de 6ème au collège. Elle n'a pas été confrontée directement au harcèlement, mais une de ses meilleures amies a eu le soucis l'an passé dans un autre établissement.

"Tous les soirs elle allait sur les réseaux sociaux, elle voyait qu'il y avait de nouvelles photos d'elle qui circulaient, qu'elle avait de nouveaux messages. Elle ne comprenait pas pourquoi ça ne s’arrêtait pas, plusieurs fois elle est allé voir les chefs d'établissements qui lui disaient qu'ils ne pouvaient rien faire. Ses parents étaient au courant mais ils ne trouvaient pas comment faire : c'était des pseudos, il n'y avait pas de photos de profils pas de moyen de savoir qui c'était. Elle ne savait pas qui c'était au final, elle voyait les photos qui circulaient... des photos d'elle par terre, des vidéos où on la voyait tomber par terre parce qu'on la poussait, des photos où elle se prenait des gifles d'anciennes de ses amis. Pas forcément des photos à caractère sexuel, mais des photos qui la mettait pas en valeur.

Elle a été traumatisée donc au bout d'un moment, elle a fermé tous ses réseaux sociaux, elle a changé d'école et elle a déménagé. Je ne l'ai plus jamais revue.

L'anonymat sur internet encourage les jeunes a être encore plus cruel m'explique Laura. Le réflexe c'est d'aller en parler avec un adulte mais les élèves n'osent pas se tourner vers leurs parents ou les conseillers d'éducations.

La peur de devenir la victime

Marine Hubert est la conseillère principale d'éducation (CPE) du collège Marcelle Pardé. Elle reçoit dans son bureau quelques élèves qui dénoncent le harcèlement, mais jamais les victimes. "Ils ont peur, c'est la pression du groupe, et souvent quand nous sommes mis au courant, il est très tard et les dégâts sont déjà très importants pour la victime." Il faut sensibiliser les enfants, mais aussi les parents. Quel est le premier signe qui peut alerter ? "Pour moi c'est le fait que l'enfant ne veuille plus venir à l'école, ou y va à reculons, qu'il invente des prétextes pour ne pas y aller, mal de tête, mal de ventre... et la chose à laquelle il faut faire attention par rapport au cyber-harcèlement ce sont les téléphones. Souvent, on a la situation où les parents nous disent "Oui mais on a le contrôle parental sur les ordinateurs"

Le problème c'est que les smartphones donnent accès à tout, donc c'est souvent via les téléphones et les réseaux sociaux que le cyber-harcèlement s'installe.

Si votre enfant est concerné par le harcèlement et si vous avez besoin de conseil, un numéro vous est dédié : 0 800 200 000.

* : Le prénom a été modifié

  - Visactu
© Visactu -