Éducation

Le directeur académique de la Loire ne veut plus de devoirs à la maison

Par Julie Szmul et France Bleu Saint-Étienne Loire, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu mercredi 30 septembre 2015 à 19:14

Les devoirs écrits à la maison sont interdits depuis 1956.
Les devoirs écrits à la maison sont interdits depuis 1956. © Radio France - Julie Szmul

Les devoirs écrits sont interdits depuis 1956 en primaire. Les devoirs "oraux", comme apprendre des poésies à la maison sont en revanche autorisés. Et pourtant, l'inspection académique de la Loire va plus loin : elle voudrait que les élèves de primaire n'aient plus aucun devoir à faire chez eux.

Dans une directive envoyée aux directeurs d'écoles le 16 juillet dernier, le directeur d'académie de la Loire Jean-Pierre Batailler rappelle la loi en vigueur : les devoirs écrits à faire à la maison, pour les élèves de primaire sont illégaux. La circulaire du 29 décembre 1956 est en effet sans ambiguïté : "aucun devoir écrit, soit obligatoire, soit facultatif, ne sera demandé aux élèves hors de la classe", en primaire.

La directive adressée le 16 juillet 2015 aux directeurs d'écoles de la Loire. - Radio France
La directive adressée le 16 juillet 2015 aux directeurs d'écoles de la Loire. © Radio France - Julie Szmul

Une question d'équité

Le directeur académique va plus loin : les devoirs "oraux", du type faire apprendre une poésie à la maison, ou une leçon, et qui eux sont autorisés ne devraient plus l'être. Il évoque un souci d'égalité : les enfants n'auraient pas les mêmes chances d'apprendre et de progresser chez eux. Le directeur académique évoque même "les spécificités du territoire ligérien". En clair, selon les familles, les devoirs ont plus ou moins d'efficacité sur l'apprentissage de l'enfant.

L'apprentissage, c'est à l'école, pas à la maison

Le principe, c'est que le temps consacré à l'apprentissage se déroule au sein même de l'école, au moment où les élèves sont tous dans la même configuration, égaux face aux explications de l'enseignant. Cela garantit, toujours d'après le directeur d'académie, que tous les enfants reçoivent le même enseignement. Sur ce point, certains parents d'élèves le rejoignent.

Viviane Chamard Pacaly est la présidente de la FCPE 42.

Pour les syndicats d'enseignants, en revanche, la directive envoyée par le directeur d'académie a un peu de mal à passer. Non pas sur le fond, car les professeurs sont globalement d'accord avec le risque que les devoirs à la maison puissent creuser les inégalités. Mais sur la forme : certains enseignants ont l'impression que l'on veut leur enlever leur liberté pédagogique, c'est-à-dire la manière dont ils organisent et conçoivent leur programme tout au long de l'année.

Dominique Furnon, secrétaire départemental du SE-UNSA.