Éducation

Le fondateur du Mouvement contre la "constante macabre" de passage à Avignon

Par Anne Domece, France Bleu Vaucluse jeudi 2 février 2017 à 9:13

Comment travailler mieux ?
Comment travailler mieux ? © Maxppp - .

André Antibi était en visite à Avignon et Châteaurenard mercredi. Ce mathématicien est le fondateur du Mouvement contre la "constante macabre". Il a constaté qu'à chaque examen, chaque évaluation, il y a toujours un certain pourcentage de mauvaises notes. Pour lui, il faut repenser le système.

Il anime ce jeudi un grand colloque à l'Hôtel de Ville de Paris, mais la veille, il était à Avignon et Châteaurenard.

André Antibi, professeur de mathématiques à Toulouse, parcourt la France pour faire passer le même message : il faut repenser le système d'évaluation des élèves pour contrer la "constante macabre".

C'est lui qui a observé le premier (et nommé) la "constante macabre". Qu'est-ce que c'est ? C''est le pourcentage de mauvaises notes qu'on relève à chaque examen, chaque interro, chaque évaluation... quelque soit le sujet ou le niveau des élèves. Comme si, pour être crédible, une évaluation devait comporter, forcément, une part de mauvaises notes. C'est cette part qu'André Antibi a nommé "constante macabre".

"On pourrait penser que je suis "fatigué" pour avoir de telles idées, mais aujourd'hui ce phénomène est reconnu par quasiment tous les partenaires du système éducatif. Et cela veut dire qu'il y a des échecs injustifiés." (André Antibi)

André Antibi

Contrat de confiance

Les mauvaises notes à répétition ne sont pas sans conséquence : cela entame la confiance en soi des élèves. C'est ce que relève Sophie, la maman de Silena, petite élève de l'école primaire Mistral à Avignon. "Quand elle a une mauvaise note, elle me dit qu'elle n'est pas intelligente, qu'elle n'y arrivera pas..

Sophie

Pour éviter ce phénomène, André Antibi préconise un contrat de confiance, entre professeurs et élèves. Pas d'interro surprise, pas de piège dans les questions d'examens. Les élèves sont prévenus de la date et du sujet de l'examen. Cela leur permet de mieux le préparer, mieux travailler... et donc mieux assimiler les leçons.

"On donne une liste de questions que l'élève doit travailler. Ce n'est pas laxiste : en faisant ainsi, l'élève travaille mieux. Et gagne en confiance." (André Antibi)

André Antibi

Aujourd'hui, de très nombreuses personnalités du monde de l'Éducation partagent l'avis d'André Antibi. Et une soixantaine d'associations et d'organismes relaient aujourd'hui l'appel contre la "constante macabre".