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Le Mans : accusés d'avoir bloqué leur lycée, des élèves privés de cours un mois avant le bac

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Par , France Bleu Maine, France Bleu

Après le blocage du lycée Gabriel Touchard - George Washington, le 10 mai, au Mans, 23 élèves ont reçu un courrier leur interdisant l'entrée dans l'enceinte de l'établissement. Syndicats et parents dénoncent une "méthode illégale, arbitraire". Les élèves eux craignent pour leur baccalauréat.

Le lycée Gabriel Touchard - George Washington, au Mans
Le lycée Gabriel Touchard - George Washington, au Mans © Radio France - Laurine Benjebria

Ils sont 23 lycéens et lycéennes du Mans (Sarthe) à ne plus pouvoir se rendre en cours depuis ce lundi 17 mai. Cette interdiction a été décidée la semaine dernière après le blocage de leur établissement, le lycée Gabriel Touchard-George Washington le 10 mai dernier. Quelques élèves avaient répondu à l'appel national de syndicats et organisé un blocus pour réclamer l'attribution du baccalauréat en contrôle continu. Lors de ce blocus, des dégradations ont été constatées par la direction. Quelques jours plus tard, une vingtaine de parents d'élèves a reçu un courrier, leur notifiant l'exclusion de leur enfant.

Le courrier reçu par la famille de Flavie, interdite de cours en présentiel
Le courrier reçu par la famille de Flavie, interdite de cours en présentiel © Radio France - Laurine Benjebria

Selon le courrier envoyé par le proviseur du lycée manceau, ces élèves de Seconde, de Première et de Terminale ont interdiction de pénétrer dans l'enceinte du lycée. Ils sont même invités à "trouver un autre lycée pour la rentrée 2021". Pour justifier cette sanction, la direction évoque des grilles dégradées, des serrures rendues inutilisables et une "mise en danger d'autrui".

Des parents et des élèves scandalisés

Ce lundi, la menace a été mise à exécution : des lycéens n'ont véritablement pas pu rentrer pour assister à leurs cours en présentiel. C'est le cas notamment de Flavie, une élève de Terminale de STMG, déboussolée. "Je ne suis pas du tout une élève perturbatrice", explique Flavie qui est plutôt considérée comme trop timide par ses professeurs.

Cette adolescente de 17 ans dit ne pas comprendre pourquoi elle fait partie de la liste de ces élèves sanctionnés. Elle assure ne pas avoir été à l'origine du blocus, et ne pas y avoir activement participé. "Ils m'excluent sans savoir si j'ai fait quelque chose. S'ils m'ont vu devant le portail, ils ont peut-être cru que je participais au blocus, alors que je regardais simplement si je pouvais aller en cours", raconte-t-elle.

Flavie peut techniquement suivre les cours en visio, mais est interdite de cours en présentiel, or à un mois du baccalauréat, "même une journée sans cours, c'est trop". "Je m'accroche déjà comme je peux avec les cours en visio et là _je me demande comment je vais faire pour passer mes épreuves du bac_, avoir mon bac et aller aux études supérieures", ajoute-t-elle. 

Flavie peut compter sur le soutien de ses parents. Son père, Philippe a souhaité la défendre en personne lors d'une réunion organisée ce lundi soir avec le proviseur. Pour démontrer la participation de Flavie au mouvement, la direction a montré des photos prises le jour du blocus. Sur ces images, Philippe a donc pu voir sa fille "à côté d'une poubelle, le coude posé dessus, ce n'est pas quelqu'un qui paraît faire un blocage". 

Malgré les explications apportées par Philippe, le proviseur a maintenu ses accusations, sur un ton qu'il qualifie de "méprisant". Selon ce père sarthois, la direction regroupe tous les élèves qui ont pu être identifiés sur les photos sans faire de distinction. "Pour le proviseur, c'est une mise en danger d'autrui et il est hors de question qu'il les accepte à nouveau dans l'établissement", regrette Philippe. La direction n'offrirait pour l'heure qu'une possibilité à Flavie et à ses camarades exclus : "des excuses sincères".

Une méthode jugée arbitraire et illégale par la FCPE

Cette méthode est vivement contestée par l'association des parents d'élèves. Stéphane Fouéré, président du conseil local de la FCPE dénonce une "attitude arbitraire" de la part de la direction. Il regrette l'absence de conseil de discipline. "Le chef d'établissement peut, sur son appréciation, prendre des mesures de mise à pied, mais pour seulement huit jours consécutifs", explique Stéphane Fouéré. Pour la FCPE, "la seule instance règlementaire, légale, c'est le conseil de discipline" car il permet aux élèves de se défendre devant des représentants du personnel, des parents d'élèves et des élèves.

Pour l'instant, un conseil de discipline n'est pas à l'ordre du jour, selon Philippe, le père de Flavie. La FCPE encourage donc les parents à déposer des recours auprès de la direction académique de la Sarthe afin que ces sanctions soient annulées, car "illégales puisque prises en dehors d'un conseil de discipline". Plusieurs parents font actuellement les démarches, déterminés à ne pas laisser les adolescents sans cours en présentiel à quelques semaines du baccalauréat.

Contacté par France Bleu Maine, le proviseur n'a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

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