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Éducation

"Le ministre ment éhontément" sur les moyens dans l'Education Nationale, analyse un syndicaliste haut-viennois

lundi 28 janvier 2019 à 10:38 Par Nathalie Col, France Bleu Limousin

Les syndicats d'enseignants et la rectrice d'académie de Limoges se réunissent dans une ambiance tendue ce lundi, pour préparer la prochaine rentrée scolaire. Après une grève et une visite ministérielle la semaine dernière à Limoges, les enseignants dénoncent toujours des baisses de moyens.

Patrice Arnoux, co-secrétaire académique du SNES en Haute-Vienne
Patrice Arnoux, co-secrétaire académique du SNES en Haute-Vienne © Radio France - Jérôme Edant

Limoges, France

Trois jours après la visite à Limoges du ministre de l'Education Nationale Jean Michel Blanquer, la question des moyens et des effectifs attribués à l'académie de Limoges fait de nouveau débat ce lundi. Les syndicats d'enseignants et la rectrice abordent à nouveau le sujet lors du comité technique académique destiné à préparer la prochaine rentrée. Et les points de crispation restent nombreux confirme Patrice Arnoux, co-secrétaire académique du SNES, en Haute-Vienne. Il était l'invité de Jérôme Edant ce jeudi matin sur France Bleu Limousin.

FB Limousin : A Limoges vendredi le ministre a expliqué que les moyens n'étaient pas en baisse dans l'Education Nationale. Alors pourquoi tant de crispations autour de la préparation de la rentrée 2019 ?

Drôle de communication du ministre, puisqu'il supprime 58 emplois dans les collèges, lycées et lycées professionnels de l'académie alors que seuls 69 élèves de moins sont attendus. En gros, c'est comme s'il fermait un collège de la taille d'Isle, pour l'équivalent qui disparaîtraient. Donc le ministre ment éhontément quand il dit que les moyens ne sont pas en baisse.

FB Limousin : Jean-Michel Blanquer parle certes de moyens globaux et assure que les heures supplémentaires débloquées pour la rentrée prochaine permettront d'accompagner les élèves, tout en augmentant le pouvoir d'achat des enseignants. Vous ne vous y retrouvez pas ?

Pas du tout, car des heures supplémentaires en plus, c'est de toute façon des professeurs et des adultes en moins dans les établissements pour encadrer les élèves. Quant au pouvoir d'achat des professeurs, il est fortement impacté aujourd'hui par le gel de la valeur du point d'indice, mais augmenter les heures supplémentaires ne permettra pas de résoudre le problème car ces heures supplémentaires sont moins bien payées que les heures de cours. Pour être au même niveau que dans le privé, il faudrait les augmenter de 90%. Là encore le ministre communique et ment éhontément.

FB Limousin : L'Education Nationale évoque des effectifs moyens de 18 élèves par classe dans l'académie de Limoges. Ce chiffre est trompeur pour vous ?

Ce chiffre est une moyenne par classe dans les écoles du premier degré, primaires et maternelles, ce n'est pas le cas dans le second degré. Une moyenne d'effectifs ne veut rien dire dans une académie rurale comme la notre. Nous devons avoir des moyens permettant de financer cette ruralité, avec la nécessité d'implanter des établissements scolaires sur les territoires ruraux et de les faire fonctionner aussi dans les zones densément peuplées comme Limoges, Brive et Guéret. Cela nécessite des moyens supérieurs à ceux attribués dans des académies plus uniformes géographiquement, mais ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui puisque le taux d'encadrement de l'académie de Limoges est ramené au niveau national. La nécessité de financement du rural n'est plus du tout prise en compte alors que la problématique est double. D'une part, les zones rurales voient les écoles fermer, les services publics disparaître petit à petit, d'autre part les villes voient se concentrer les difficultés liées à l'encadrement et tout ça nécessite des moyens supplémentaires. 

FB Limousin : Que faudrait-il pour trouver un bon équilibre ?

A minima, il ne faudrait déjà pas supprimer ces 58 emplois. Il faut rappeler que sous le quinquennat Sarkozy, où Jean-Michel Blanquer était déjà au ministère pour fabriquer la réforme Chatel du lycée notamment,  80.000 emplois d'enseignants avaient été supprimés. Sur cette période là, l'académie de Limoges a gagné des élèves mais entre 2007 et 2019 elle aura perdu 500 emplois dans les collèges, lycées et lycées professionnels. Ce chiffre suffit à mesurer à quel point les conditions d'encadrement des élèves se sont dégradées.