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Le nom de deux professeurs, accusés d'islamophobie, placardés à l'entrée de Sciences Po Grenoble

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Par , France Bleu Isère, France Bleu

Deux enseignants de l'IEP de Grenoble, accusés d'islamophobie, ont vu leurs noms placardés sur les murs de cette grande école. Ils dénoncent une chasse à l'homme et un climat délétère où tout débat autour de la religion musulmane est devenu impossible. Le procureur a ouvert une enquête.

L'IEP de Grenoble, qui fête ses 70 ans, a inauguré l'extension de ses bâtiments.
L'IEP de Grenoble, qui fête ses 70 ans, a inauguré l'extension de ses bâtiments. © Radio France - Véronique Pueyo

Deux enseignants de Sciences Po Grenoble, accusés d'islamophobie par l'Union Syndicale de l'IEP de Grenoble, un syndicat issu de la scission avec l'UNEF, ont découvert, le 4 mars, que leurs noms étaient placardés devant l'entrée de l'école, avec ces mots : "Des fascistes dans nos amphis. Klaus Kinzler et Vincent T. Démission. L'islamophobie tue." Des mots assortis d'une caricature de l'un d'eux. Ces affichages ont été retirés dans l'après-midi mais des photos ont circulé sur les réseaux sociaux, repris notamment par un autre syndicat, l'UNEF.

Racisme, islamophobie, antisémitisme

"C'est la goutte d'eau qui a fait débordé le vase" s'insurge Karl Kinzler, agrégé d'allemand et qui enseigne la civilisation et la langue allemandes depuis 25 ans à l'IEP de Grenoble. Et il nous explique que tout est parti, en décembre dernier, d'un groupe de travail entre enseignants pour préparer la semaine de l'Egalité et contre les discriminations, qui a lieu chaque année, à l'IEP. Le thème choisi était  : "racisme, islamophobie et antisémitisme." Klaus Kinzler s'est opposé à ce que l'on accole le terme d'islamophobie à ceux de racisme et d'antisémitisme. Nous avons pu lire les échanges de mails qui ont suivi et nous n'y avons pas trouvé trace de propos discriminatoires. 

Accusé de harcèlement moral

Pourtant, une enseignante du laboratoire de Sciences sociales, Pacte -laboratoire qui s'est opposé récemment à la volonté de la ministre de l'Enseignement supérieur d'enquêter sur l'islamo-gauchisme à l'Université- l'a accusé de harcèlement moral et il a été exclu du groupe de travail.  

"Je pensais que les choses s'étaient calmées. Je ne suis pas sur les réseaux sociaux et c'est mon collègue Vincent T., maitre de conférences en sciences politiques et qui donne un cours sur l'Islam et les musulmans en France qui m'a alerté" souligne Klaus Kinzler.

Appel à témoignages d'un syndicat étudiant

En fait, selon lui, les mails qu'il avait échangés avec ses collègues au sein du groupe de travail, ont été repris par l'Union Syndicale de l'IEP et transformés. D'autre part, cette même Union Syndicale a lancé, parallèlement, un appel à témoignages en direction des étudiants pour répertorier des "propos problématiques" que Vincent T. aurait pu tenir en cours et pour faire interdire son enseignement.

Terrorisme intellectuel et ambiance délétère

Vincent T. qui désormais fait cours en distanciel, n'a pas souhaité s'exprimer. En revanche, Klaus Kinzler, lui, témoigne d'un certain terrorisme intellectuel : "Il y a encore un ou deux ans, on pouvait discuter. Moi, je suis plutôt libéral. On n'était pas d'accord mais cela n'allait pas plus loin. Aujourd'hui, la liberté d'expression n'existe plus à Sciences Po. Quand on dit un mot qui ne plait pas, on vous intimide, voire on lance une cabale contre vous. Débattre de l'Islam est devenu impossible. L'ambiance est délétère."

Je pense à ce qui est arrivé à Samuel Paty -Klaus Kinzler

Klaus Kinzler dit ne pas avoir encore déposé plainte. "Mais, je vais peut-être devoir le faire. Car, me traiter d'islamophobe est non seulement diffamatoire mais dangereux, quand on repense à ce qui est arrivé à Samuel Paty, dont le nom avait été jeté en pâture sur les réseaux sociaux." L'enseignant est actuellement en arrêt de travail, suite à ce qu'il considère comme des menaces pouvant nuire à sa sécurité.

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La direction de l'IEP organise une réunion de crise

Nous n'avons pas réussi à joindre les représentants de l'Union Syndicale de l'IEP de Grenoble. Quant à la direction de l'école, elle nous a fait savoir par SMS qu'elle qualifiait ces attaques "d'abjectes et inacceptables, qu'elle les condamnait fermement." Le Rectorat a été prévenu et lundi 8 mars, une réunion de crise entre les professeurs aura lieu a Sciences Po Grenoble.

L'entrée de Sciences Po Grenoble
L'entrée de Sciences Po Grenoble -

Le procureur de Grenoble a ouvert une enquête

Suite à un signalement de la direction de l'IEP, le procureur de Grenoble a donc ordonné une enquête pour injure publique envers un particulier, délit puni de 12.000 euros d'amende et pour dégradation de bien par inscription, signe ou dessin, délit puni de 15.000 euros d'amende. L'enquête a été confiée à la police de Grenoble.

Par ailleurs, le magistrat a classé sans suite la plainte pour discrimination syndicale déposée par l'Union Syndicale de l'IEP de Grenoble à l'encontre de Vincent T. L'enseignant avait exclu de son cours sur l'Islam les membres de ce syndicat qui y assistaient et qui l'accusaient d'islamophobie.

Ecoutez le témoignage de Klaus Kinzler

Capture d'écran
Capture d'écran -

En février dernier, l'épisode #Sciences Porcs avait déjà agité l'IEP de Grenoble, comme l'ensemble des autres IEP de France. Des étudiantes avaient dénoncé sur les réseaux sociaux des faits de violences sexistes et sexuelles, accusant la direction ne pas agir pour les dénoncer et les faire cesser.

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