Éducation

Le plan du gouvernement pour protéger l'école vu par les syndicats et parents d'élèves bordelais

Par Yassine Khelfa M'Sabah, France Bleu Gironde mercredi 24 août 2016 à 18:18

Conférence de presse sur la sécurité des écoles, des collèges et des lycées.
Conférence de presse sur la sécurité des écoles, des collèges et des lycées. © Maxppp - Leon Tanguy

Le gouvernement a rendu ce mercredi sa copie sur les mesures de sécurité pour les écoles. Des mesures qui ne sont pas du goût des associations de parents d'élèves, qui se sentent un peu oubliées des discussions. Les syndicats enseignants craignent eux du stress supplémentaire pour les professeurs.

Dans le contexte actuel de menace terroriste, "la vigilance doit être renforcée". Najat Vallaud-Belkacem a donc fait un point sécurité pour 64.000 établissements scolaires ce mercredi matin. 50 millions d'euros seront débloqués pour aider les collectivités à payer les travaux de sécurisation des établissements. Mais la grosse nouveauté c'est cet exercice de simulation d'attentat ou l'envoi d'une alerte par SMS qui sera testé un peu avant la rentrée. Habituellement les établissements scolaires procèdent à deux exercices par an pour être prêt en cas de danger. Cette année avec la menace qui pèse sur les enseignants et l'appel de Daech dans sa revue Dar-al-Islam à "combattre et tuer les fonctionnaires de l'Éducation nationale", un nouveau plan a été mis en place.

"Trop de responsabilités pour les équipes enseignantes et d'anxiété pour les élèves" 

Voilà les deux points qui posent question pour les syndicats enseignants. Pour Nicolas Durrieu, professeur des écoles en petite section moyenne section et co-secrétaire départemental du SNUipp, la responsabilité est trop forte pour les équipes enseignantes et les directeurs d'école. Ce sont eux qui seront à la charge de ces exercices de sûreté mais ils ne disposent d'aucun accompagnement, aucun appui technique, ni formation ou de temps particulier dédié à l'élaboration de ces plans.

Par ailleurs, "l'exercice attentat avec intrusion" qui devra être réalisé au moins avant les vacances de la Toussaint n'est pas adapté pour tous les niveaux scolaires d'après Nicolas Durrieu.

Il va falloir être très attentif et prendre beaucoup de temps en amont dans les équipes enseignantes car notamment dans les petites classes, cet exercice créera de l'anxiété dans un contexte déjà anxiogène sans nier les risques que l'on connait.

Mais pour le recteur de l'Académie de Bordeaux Olivier Dugrip, il faut que les parents soient rassurés. Cet exercice n'est pas incompatible avec la petite section d'après lui.

Il n'y aura aucune intrusion physique, il ne s'agit pas d'aller faire peur à des petits enfants. En revanche il s'agit de voir comment sortir de la classe sans affolement. Il s'agit de s'habituer à un certain nombre de comportements sans faire naître de peur ou d'inquiétude. — Olivier Dugrip, Recteur de l'Académie de Bordeaux

Les parents d'élèves se sentent oubliés des discussions liées à ce plan

La Fédération française des conseils de parents d'élèves girondine trouve dommageable que les parents n'aient pas été consultés pour ce plan.

Par rapport à la sécurisation des locaux par exemple, les parents connaissent l'environnement. Des cellules de gestion vont se créer à l'échelle des Académies et là aussi on aurait pu y participer parce qu'il faudra évidemment informer les parents. C'est quelque chose qui aurait mérité d'être mis en place. — Stéphanie Anfray, présidente de la FCPE de la Gironde.