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Éducation

Le premier micro-lycée de Bretagne fait sa rentrée

mardi 26 septembre 2017 à 6:10 Par Morgane Heuclin-Reffait, France Bleu Armorique

Quinze jeunes en situation de décrochage scolaire ont fait leur rentrée hier dans la structure située au sein du lycée Victor et Hélène Basch à Rennes... C'est le premier établissement de ce type en Bretagne. Ces jeunes pourront passer leur bac ES ou L en deux ans.

Alexis, Owen et Alexandre, trois des quinze élèves faisant leur rentrée au micro-lycée
Alexis, Owen et Alexandre, trois des quinze élèves faisant leur rentrée au micro-lycée © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Rennes, France

Ils sont quinze à reprendre les cours ce matin après avoir décroché du système scolaire pendant un à cinq ans. Pour certains, comme Alexis, c'est déjà une victoire en soi : "j'ai fait une phobie scolaire, j'ai été déscolarisé il y a deux ans. Aller dans un établissement scolaire c'était très compliqué, j'étais à la limite du malaise ou de la crise de panique... Ça m'est arrivé plusieurs fois. J'ai mis beaucoup de temps à pouvoir remettre les pieds dans un lycée comme ici".

Réconcilier les décrocheurs avec l'école

Ici, chaque élève a ses propres raisons d'avoir quitté l'école. Les deux tiers d'entre eux sont en rupture familiale, d'autres ont décroché suite à des accidents de la vie. Ils préfèrent les taire souvent. C'est le cas d'Alexandre, 20 ans, qui a arrêté les cours en début de 1ère. Pour Owen, 17 ans, c'est un nouveau départ après une scolarité compliquée en internat :

Comme on a tous des parcours différents, il n'y a pas de jugement, c'est plutôt cool

Il a passé un an dans une structure luttant contre le décrochage scolaire pour décrocher son brevet des collèges, et a ensuite préféré le micro-lycée à une seconde professionnelle : "je me serais restreint dans mon domaine de la restauration, et j'avais envie de toucher à tout avant de me décider vraiment sur ce que je ferai plus tard". Il sait qu'il peut compter ici sur les dix professeurs, tous volontaires, qui vont lui enseigner français, espagnol ou encore philosophie dès la 1ère. "C'est un choix qu'on a fait. Ils ont des expériences de vie différentes, ils sont plus matures car ce sont des jeunes adultes", indique Emmanuelle Forgeoux professeur de mathématiques et coordinatrice pédagogique.

Une pédagogie repensée

L'objectif du micro-lycée, c'est précisément de donner une seconde chance à ces jeunes pour qui l'enseignement classique n'était pas adapté, ou qui ont lâché les cours après un accident de parcours. Ils sont accueillis trois matins par semaine pour discuter avec l'équipe enseignante avant de commencer les cours, et un professeur-tuteur suit chacun d'entre eux individuellement, avec au minimum trois rencontres par semaine. Il a aussi fallu repenser les enseignements : "on a tous accepté de rogner un peu sur nos heures d'enseignement pour avoir des ateliers interdisciplinaires trois heures par semaine" explique Emmanuelle Forgeoux :

On a une différenciation extrême entre le jeune qui a été déscolarisé à la fin de la 3ème et celui qui a quitté le système scolaires en cours de Terminale, on ne va pas fonctionner du tout de la même façon avec eux

De la même façon, les notes n'arriveront que progressivement : "ça va se faire peu à peu, on va d'abord évaluer les compétences, indique Emmanuelle Forgeoux. L'année est divisée en sept périodes, et à chaque fin de période on verra avec l'élève s'il se sent prêt à passer aux notes chiffrées dans telle ou telle matière pour évaluer son travail". Chacun suivra les mêmes cours jusqu'à la Toussaint, avant de choisir entre filière ES et L. Impossible en revanche de préparer un bac scientifique : il aurait fallu réquisitionner d'autres salles pour les travaux pratiques.

L'équipe d'enseignants au grand complet - Radio France
L'équipe d'enseignants au grand complet © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Deux salles de classes seront ainsi dédiées au micro-lycée, avec des chaises sur roues dotées de tablettes, pour permettre de changer la configuration de la salle facilement et travailler en groupe. Les élèves et enseignants auront également accès à une salle de vie spécifique, avec un coin cuisine et un canapé : "c'est vraiment un lieu de partage, tout le monde va faire la vaisselle et le ménage ! plaisante Emmanuelle Forgeoux. Si un des jeunes n'arrive plus à se concentrer, il peut sortir pour aller en salle de vie, ce n'est pas un problème du tout".

Le premier micro-lycée breton

Si dans d'autres régions, des micro-lycées ont ouvert il y a déjà 20 ans, celui de Rennes est le premier dans toute la Bretagne. "Il faudrait déjà commencer par augmenter le nombre d'élèves accueillis, et je souhaiterais qu'on puisse ouvrir un second micro-lycée selon les besoins" indique Thierry Terret, le recteur d'académie de Rennes. D'après le rectorat, il y a actuellement 1.500 jeunes en situation de décrochage scolaire sur notre territoire.