Éducation

Le tirage au sort critiqué par les présidents d'universités de l'Académie de Bordeaux

Par Pauline Pennanec'h, France Bleu Béarn et France Bleu Gironde mardi 27 septembre 2016 à 18:32

Amphi sur le campus de Talence
Amphi sur le campus de Talence © Maxppp -

Alors que 70.500 étudiants ont fait leur rentrée à l'Université de Bordeaux et de Bordeaux Montaigne, d'autres ont été refusés d'office dans des filières toujours surchargées. Le tirage au sort est critiqué par le président de l'Université de Bordeaux qui demande l'accès aux dossiers des étudiants.

Pour l'année universitaire 2015-2016, 121 428 étudiants ont suivi une formation d'enseignement supérieur sur l'académie de Bordeaux. Des effectifs en hausse de 3,5% par rapport à l'année précédente pour les universités de l'Académie de Bordeaux.

Pour cette rentrée universitaire, l'Université de Bordeaux et l'Université de Bordeaux Montaigne accueillent autant d'élèves : "'L'Université de Bordeaux accueille 54.500 étudiants, tandis que 16.000 étudiants sont inscrits à l'Université de Bordeaux-Montaigne. On est à la stabilisation" explique Olivier Dugrip, le Recteur de l'Académie de Bordeaux. Seuls les effectifs à l'Université de Pau-Pays de l'Adour augmentent de 4,5%, soit 13.000 étudiants. Le Recteur de l'Académie de Bordeaux annonce ce mardi que 100% des bacheliers de filières générales ont eu une place dans l'enseignement supérieur. Mais selon lui, 29 bacheliers technologiques et 72 professionnels seraient toujours sans proposition d'admission.

"C'est une sélection par l'échec !"

Car certaines filières sont toujours de plus en plus saturées. C'est le cas de la filière Staps, où un tirage au sort a été effectué par Admission Post-Bac, faute de places suffisantes. Sur 1000 candidatures retenues dans les critères de l'Université, seules 250 places étaient disponibles. Procédé jugé illégal par le tribunal administratif de Bordeaux, après que plusieurs étudiants avaient saisi la justice. La filière psycho est aussi concernée.

Cette sélection fâche les présidents d'université. Manuel Tonon de Lara, le président de l'Université de Bordeaux, est contre le tirage au sort : "Je souhaiterais que l'on puisse orienter les étudiants en fonction de leur réussite à l'université. Cela suppose d'évaluer leurs dossiers, leurs capacités, de sélectionner. La sélection se fait à l'université, mais elle se fait par l'échec. Il faut qu'il y ait une sélection pour que les étudiants réussissent !" explique-t-il.

"Je suis contre le tirage au sort" réagit Manuel Tunon de Lara, le président de l'Université de Bordeaux

Même son de cloche du côté de Mohamed Amara, président de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour : "On fait face à une hausse des effectifs de 20% cette année, avec une baisse de moyens alloués par l'Etat de 20%. Ça craque de partout et ça risque de casser !" lâche-t-il.

"Le fait d'utiliser le tirage au sort, c'est une injustice sociale" réagit Mohamed Amara, président de l'université de Pau et des pays de l'Adour

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"Sélection" aussi pour certains Master 2

Le Recteur de l'académie de Bordeaux précise que le décret du 25 mai 2016 relatif au diplôme national du master autorise ce "recrutement" en cas de capacités d'accueil insuffisantes, mais que sur l'académie, la liste des filières avec un concours d'entrée ou à un examen du dossier s'est limitée à 12 Masters pour cette rentrée 2016-2017.

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