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Dossier : Coronavirus

Coronavirus et confinement : les classes virtuelles victimes de nombreux piratages

Depuis le début du confinement et la fermeture des établissements scolaires de plus en plus de profs se sont mis aux cours virtuels en ligne, mais leur travail est souvent perturbé par des intrusions extérieures de pirates informatiques encore appelés "trolls"

Le télétravail des élèves et des professeurs perturbé par des "Trolls"
Le télétravail des élèves et des professeurs perturbé par des "Trolls" © Maxppp - -

Le système officiel "ma classe à la maison" fonctionne avec un logiciel mis en place par le CNED, le centre national d’enseignement à distance et permet aux élèves d’une ou plusieurs classes d’assister simultanément, et en interaction, à un cours virtuel donné par leur professeurs. Certains professeurs utilisent aussi des applications non officielles   

Beaucoup d'enseignants, dès le départ se sont enthousiasmés pour ce système qui permet le suivi des acquis et même une progression pédagogique. C’est le cas d Ingrid, une professeure d’histoire de l’académie de Lyon qui a réussi à fédérer ses élèves de première et de terminale dans des sessions très régulières 

"J'ai tenu à avoir des classes régulières qui ont lieu dans l'emploi du temps habituel des élèves. Si les élèves avaient quatre heures de cours par semaine, je les retrouve deux heures en cours virtuel. Ça fonctionne plutôt bien, pour moi, ce n'est pas de l'entretient, on a même pu traiter de nouveaux chapitres ensemble. Mais je suis dans un lycée ou globalement les élèves n'ont pas de problème d'équipement ou d'accès, je suis bien consciente que cette continuité pédagogique est très inégale en fonction des lycées."

En contrepoint de ce constat très positif, elle est confrontée comme beaucoup de professeurs à des intrusions informatiques d’individus non invités à suivre le cours et qui viennent en perturber le déroulement. 

Le CNED parle aujourd’hui de seulement  4% des cours  interrompus par ces "trolls", le terme qui désigne ces perturbateurs. De nombreuses plateformes se sont également positionnées sur le marché en plus ce celle du CNED et c'est aussi cette multiplicité des plateformes qui peut engendrer quelques soucis. 

Il faut savoir que depuis le lancement des cours en visio ou audio conférence que ce soit sur le site du CNED ou sur les autres, beaucoup de professeurs ont étés confrontés à des intrusions informatiques d’individus indésirables qui viennent suivre le cours pour en perturber le déroulement. Confirmation de Romain ALLARD secrétaire départemental Loire du SNES le syndicat enseignant.

"Sur les plateformes non officielles, il suffit d'un lien donné à quelqu'un d'autre, étranger à l'établissement, pour rentrer sur ces plates formes et qui parfois insultent ou perturbent les cours. Pour le cas de la plate forme officielle du CNED, ce n'est pas vraiment une plate forme française, mais américaine sous traitée par le CNED pour ses classes virtuelles et en terme de sécurisation, ça n'est pas terrible non plus. Les participants ne rentrent pas sous leur vrai nom et peuvent prendre des pseudos insultants envers les élèves ou les enseignants."

Le CNED a recensé à ce jour 386 000 enseignants qui utilisent sa plate forme et estime qu'il n'y aurait seulement que 4% des cours interrompus par ces "trolls". Ingrid  une prof d’histoire qui utilise beaucoup le système de visio-conférence reconnaît que c'est assez pénible. 

"Nous avons la possibilité en tant que modérateur d'exclure ces individus, de leur couper le micro, mais il m'est arrivé durant une séance d'exclure en permanence. Il faut tout à la fois mener le cours, suivre le visionnage des documents pour mes élèves et gérer les "trolls" qui avaient en plus pris le prénom de mes élèves. Ce n'est pas facile, une fois sur deux, nous avons des "trolls" dans nos classes virtuelles."

Ces perturbations sont bien réelles comme en témoigne Françoise, une enseignante de lettre de l’académie de Lyon. "En réalité, ma classe a été piratée par des éléments extérieurs non identifiés, avec une double perturbation, vocale d'abord avec des interpellations d'élèves et des messages malvenus et ensuite visuelle puisque le pirate est intervenu directement sur l'écran d'échange avec les élèves. J'ai été vraiment choquée, les élèves également et j'ai du mettre fin rapidement au cours."

Françoise a donc décidé en accord avec son chef d‘établissement de porter plainte, seul moyen d'identifier les auteurs. Ces intrusions se sont le plus souvent des gags à répétition, mais aussi envoi des photos porno, ou plus grave des insultes envers les profs ou les élèves.

Le CNED reconnaît que ces intrusions sont insupportables pour les acteurs de ces classes virtuelles et collabore avec les services de police quand des plaintes sont déposées. Des améliorations ont également été apportées au système depuis le début du confinement, notamment pour réinitialiser à chaque fois les adresses de connexion et éviter leur circulation sur les réseaux sociaux.  Il y a aussi eu la création de sous groupes  d'élèves au cours de la classe pour exclure plus facilement les "trolls" .

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