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Éducation

Les CM2 de Nice honorent la mémoire des victimes du Camp des Milles

jeudi 30 mars 2017 à 6:50 Par Lila Lefebvre, France Bleu Azur et France Bleu

Pour la première fois, tous les élèves de CM2 de la ville de Nice visiteront le Camp des Milles. Entre 1939 et 1942, cette ancienne usine proche d'Aix-en-Provence a enfermé 10.000 victimes du nazisme. C'est le dernier grand camp de déportation encore sur pied sur le territoire français.

Les élèves du Conseil Municipal des enfants de Nice ont passé plus de deux heures à parcourir le camp.
Les élèves du Conseil Municipal des enfants de Nice ont passé plus de deux heures à parcourir le camp. © Radio France - Lila Lefebvre

Camp des Milles

Les 3.500 élèves de CM2 de la ville de Nice passeront tous une journée au Camp des Milles (Bouches-du-Rhône) afin d'y saisir l'horreur de la déportation et de travailler au devoir de mémoire.

Les élus du Conseil Municipal des enfants ont eut le privilège de cette première visite en compagnie de Christian Estrosi et Alain Chouraqui, président de la Fondation du Camp des Milles. - Radio France
Les élus du Conseil Municipal des enfants ont eut le privilège de cette première visite en compagnie de Christian Estrosi et Alain Chouraqui, président de la Fondation du Camp des Milles. © Radio France - Lila Lefebvre

De l'extérieur, on pourrait croire à "une simple usine", reconnait Ambre, 10 ans, élève de CM2 à Rancher 2. Pourtant cet ancien site de production de tuiles a parqué jusqu'à 3.500 personnes à la fois dans son enceinte entre 1939 et 1942. Les élèves ont pu visiter le musée, accompagnés d'un guide, pendant près de deux heures.

"C'est sombre et il fait très froid."

À l'intérieur, les enfants ont pu découvrir les conditions de vie des internés du camp. Ils ont notamment pu pénétrer dans les anciens fours de l'usine, transformés à l'époque en dortoir. "C'est sombre et il fait froid", frissonne, Ambre. Mais ce qui a le plus marqué la jeune fille c'est l'histoire d'un gardien qui a résisté et a permis à des enfants de s'échapper du camp (témoignage à écouter ci-dessous).

Ambre est marquée par l'acte de bravoure d'un gardien du camp.

La visite s'est terminée sur un moment de débat, pour aider les enfants à comprendre ce qu'ils ont vu. Mattéo, 10 ans, y retient un message fort : "Il ne faut pas tout le temps suivre les autres et surtout rester solidaires".

L'histoire du Camp des Milles

Le bâtiment est une ancienne tuilerie, bâtie à la fin du XIXe siècle. Elle a connu ses heures de gloire dans l'entre-deux-guerres, devenant un des cinq principaux sites de productions de tuiles d'Europe.

Mais la production s’effondre pendant la crise des années 30, le bâtiment est alors laissé à l'abandon. Dès le début de la guerre en 1939, le gouvernement décide d'y enfermer les Allemands et Autrichiens qui ont fuit le Reich par peur que ce soient des espions ou des terroristes.

"On est dans un village provençal, un village ordinaire. Au bout d'une rue ordinaire de ce village se situe une usine, qui va, au cours de la Seconde Guerre mondiale être utilisée pour participer à l'extraordinaire d'Auschwitz. D'une usine banale peut naître l'horreur."

"L'histoire du camp des Milles c'est avant tout l'histoire de l'internement des sujets étrangers", rappelle Cyprien Fonteveille directeur de la Fondation. "De septembre 1939 à juin 1942, on interne des sujets considérés comme des sujets ennemis, il n'y a alors pas de discriminations de race ni de religion". Le critère religieux apparaît à l'été 1942, quand le gouvernement de Vichy, à la demande de Berlin, organise la déportation des juifs, tziganes et d'autres minorités vers les camps d'extermination.

"Ce qui est intéressant dans le camps des Milles d'un point de vue pédagogique, pointe Cyprien Fonteveille, c'est qu'il montre comment une société glisse de politiques xénophobes à une volonté d'exterminer une partie de la population sur des critères ethniques et religieux."