Éducation

Les cours d'éducation morale et civique ont du mal à se mettre en place en Gironde

Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde jeudi 17 septembre 2015 à 6:53

Devant un lycée de la rive droite, à Bordeaux
Devant un lycée de la rive droite, à Bordeaux © Radio France - Mélanie Delaunay

Alors que les enseignants sont appelés à faire grève ce jeudi contre la réforme des collèges, un autre point de crispation apparaît en cette rentrée : les cours d'enseignement moral et civique voulus par le Ministère de l'Education après les attentats de janvier, ont bien du mal à démarrer

C'est la première grève de l'année scolaire dans le monde de l'éducation, 15 jours après la rentrée : 13 organisations syndicales appellent à une grève nationale dans le monde de l'enseignement. A Bordeaux, les enseignants se retrouvent à 11h ce jeudi matin place de la comédie . Tous manifestent contre la réforme du collège qui doit être appliquée dès la rentrès 2016. Elle prévoit notamment plus d'interdisciplinarité,  l'apprentissage d'une deuxième langue dès la 5e ou encore la disparition d'une grande partie des classes bilingues.

Les professeurs sont aussi  très remontés aussi contre l'EMC, l'éducation morale et civique, une matière  instaurée suite aux attentats de janvier dernier. Cette mesure avait déjà été annoncée par Vincent Peillon, ancien ministre de l’Education,  mais sa mise en place a été avancée dès la rentrée 2015. Au menu : le vivre-ensemble ou bien encore la lutte contre le racisme ou les discriminations.

Cet enseignement, obligatoire du CP jusqu'en terminale,  se substitue à l’éducation civique, déjà enseigné aux élèves. Des élèves qui sont dans le flou lorsqu'ils évoquent ce nouvel enseignement.

C'est marqué sur l'emploi du temps, mais les profs nous font histoire à la place. Moi, ma prof a dit qu'on ferait peut-être 5h de cette matière, mais pas plus. 

— Louise, élève au Lycée François Mauriac à Bordeaux.

Ce sont les professeurs d’histoire qui ont en charge cette nouvelle matière, mais pour l'instant, ils n'ont reçu aucune directive sur le contenu de cet enseignement.  

On a l’impression que cette éducation morale et civique elle est révolutionnaire. Mais non, on retrouve finalement nos anciens programmes d'éducation civique. 

— Pauline, enseignante au Lycée Elie Faure, à Lormont

La plupart des enseignants est donc un peu perdu en cette rentrée

Les collègues sont vraiment livrés à eux-mêmes. Chacun a fait les choses plus ou moins à sa sauce. Si on veut faire du collectif, il faut que les programmes soient nationaux aussi. Je n’y vois pas un cadre national qui permet de diffuser les valeurs qu’on veut promouvoir et faire vivre. 

— Cyril, professeur au collège Pablo Neruda de Bègles.

Et certains enseignants du secondaire disent déjà à demi-mots, qu'ils profiteront de ces heures pour boucler les programmes d'histoire et de géographie.

"On se débrouille comme on peut"