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Éducation

Bordeaux : des profs de l'Université manifestent pour dire non à ParcourSup

jeudi 12 avril 2018 à 18:47 Par Thomas Coignac, France Bleu Gironde

Une cinquantaine de professeurs se sont rassemblés ce jeudi devant le rectorat pour protester contre la loi Vidal. Une délégation d'enseignants a été reçue par le président de l'Université de Bordeaux.

Moins d'une centaine de personnels de l'université de Bordeaux étaient présents devant le rectorat.
Moins d'une centaine de personnels de l'université de Bordeaux étaient présents devant le rectorat. © Radio France - Bastien Munch

Ils sont arrivés timidement, au compte-goutte. Mais les professeurs de l'Université de Bordeaux opposés à la loi Vidal, également nommée loi d'Orientation et de réussite des Etudiants (ORE), étaient déterminés à faire entendre leur voix auprès de Manuel Tunon de Lara, le président de l'université, présent dans les locaux du rectorat pour le conseil d'administration de l'établissement. Après celui des étudiants, qui est toujours actif au campus de la Victoire, le mouvement des professeurs et des personnels de l'université prend forme depuis leur première assemblée générale ce mardi 10 avril.

"Nous sommes surtout présents pour soutenir les étudiants de toute la France qui refusent la sélection à l'université", commence Martin Zumpe, maître de conférence en économie à l'Université de Bordeaux. "J'adhère totalement à leur point de vue. La manière dont ils ont été expulsés des amphis est inacceptable pour nous.

Et justement, des professeurs du campus de la Victoire, où une évacuation violente des étudiants avait fait polémique début mars, sont également mobilisés en soutien aux étudiants. "Bien sûr qu'on n'a pas tous le même avis sur le blocage de notre campus vu qu'on se retrouve un peu expatriés dans d'autres lieux pour enseigner. Mais on ne tolère en aucun cas l'intervention des forces de l'ordre pour les déloger", indique l'une d'elles.

Parcoursup est une vaste escroquerie pour les lycéens

Eric Berr passe la grille d'entrée du rectorat. Ce maître de conférence en économie à l'université de Bordeaux, engagé auprès du syndicat Snesup-FSU, fait partie de la délégation d'enseignants reçus par le président de l'université, Manuel Tunon de Lara, juste avant le conseil d'administration. Il revient déçu. "On a eu des échanges courtois mais j'ai tout de suite senti que nos positions étaient très éloignées, et qu'elles ne bougeraient pas, constate Eric Berr. On nous dit que tout le monde accèdera aux filières qui ne sont pas en tension, mais alors pourquoi étudier les dossiers ? On se doute bien que dans quelques années, ils vont baisser ces effectifs en prétextant un manque de moyens", déplore-t-il.

Eric Berr (à gauche) fait partie de la délégation accueillie par le président de l'université de Bordeaux, Manuel Tunon de Lara. - Radio France
Eric Berr (à gauche) fait partie de la délégation accueillie par le président de l'université de Bordeaux, Manuel Tunon de Lara. © Radio France - Bastien Munch

Le syndicaliste en est persuadé, "Parcoursup est une vaste escroquerie, un mensonge pour les lycéens." Comme beaucoup d'autres, il dénonce le manque de moyens dans le corps professoral face à l'arrivée de plusieurs milliers de dossiers pour certaines filières. "Dans plein d'universités, on ne pourra pas lire les lettres de motivation des lycéens. On va donc assister à la création d'algorithmes locaux uniquement basés sur les notes de première et de terminale, affirme le maître de conférence. Et, comme beaucoup d'études sociologiques l'ont déjà démontré, _quand on applique la sélection, ce sont toujours les enfants des classes moyenne et populaire qui sont impactées_."

Macron affiche ouvertement son mépris envers la population

Les professeurs le savent, Emmanuel Macron soutient pleinement la ministre de l'Enseignement supérieur, ainsi que sa loi sur l'accès à l'université. Le président de la République a même affirmé, mercredi, que les mobilisations sur les différents campus étaient le fruit d'une "manipulation politique extérieure aux universités". Pour Martin Zumpe, le maître de conférence en économie, la petite phrase ne passe pas. "C'est totalement ridicule, entame l'enseignant. _Je les connais bien, les étudiants, ils ne se laissent pas manipuler aussi facilement_. S'ils manifestent, c'est qu'ils ont de vraies convictions."

Les trois personnels de l'université reçus par le président Manuel Tunon de Lara n'ont pas grand espoir de changement.  - Radio France
Les trois personnels de l'université reçus par le président Manuel Tunon de Lara n'ont pas grand espoir de changement. © Radio France - Bastien Munch

Même son de cloche pour un autre maître de conférence en mathématiques. "Même si Emmanuel Macron s'y connaît bien en manipulation politique, il est totalement ridicule. A chaque fois qu'un nouveau mouvement social naît, on nous sort l'excuse de la récupération politique. Notre président ne fait qu'afficher ouvertement, une fois de plus, son mépris pour les Français."