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Les raisons de la mobilisation dans les établissements scolaires avec le SNES-FSU en Isère

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Par , , France Bleu Isère

Parmi les syndicats qui appellent à la grève et à la manifestation ce mardi dans les écoles, collèges, lycées et universités, il y a le SNES-FSU. Corinne Baffert, responsable de ce syndicat enseignant du second degré en Isère, était l'invité de Nicolas Crozel à 7h45.

Corinne Baffert est secrétaire académique du SNES FSU
Corinne Baffert est secrétaire académique du SNES FSU © Radio France - Adeline Divoux

Corinne Baffert, bonjour, pourquoi cette grève et pourquoi aujourd'hui ?

Bonjour. Cette grève, c'est pour une revalorisation de nos salaires et de nos conditions de travail. C'est un mal qui perdure depuis des années. Le point d'indice qui fixe nos salaires est gelé depuis plus de 10 ans. Il y a eu un timide dégel pendant la mandature Hollande - pas tout à fait 2% - et depuis rien, donc nos salaires baissent mécaniquement puisque l'inflation augmente. Si bien que nous faisons face aujourd'hui à une crise de recrutement qui est terrible. Le gel des salaires combiné à la loi de la transformation de la fonction publique, qui préconise d'embaucher beaucoup de contractuels, font que nos métier n'attirent plus, sont mal payés, alors que nous l'avons vu, la crise l'a révélé, nous avons besoin d'enseignants pour faire apprendre, pour faire entrer les élèves dans les apprentissages.

Donc il faut des salaires plus hauts et des embauches ?

Alors ça, c'est certain. Et la révélation des moyens pour l'année prochaine, qui vient d'intervenir, met le feu aux poudres : nous sommes confrontés dans le second degré à près de 1 900 suppressions de postes en France alors que la hausse démographique perdure. Donc à la rentrée, ce sera plus d'élèves et moins d'enseignants, alors qu'on a des élèves qui n'ont pas bien récupéré du trimestre manqué l'an dernier et qui sont en demi-groupes ou en groupes réduits cette année. Il manque de personnels également en vie scolaire : chez nos camarades AED (les surveillants) par exemple.

Aujourd'hui vous marquez le coup ou vous lancez un mouvement qui peut être plus long ? Un mouvement social qui peut être mal vu peut-être en période de crise sanitaire... 

Mal vu non ! La crise sanitaire, nous la subissons de plein fouet avec des plans sanitaires successifs "pieds nickelés". Des protocoles successifs qui ne peuvent pas s'appliquer parce qu'on manque aussi de personnel d'entretien dans nos établissements ! Ils sont surchargés de boulot, ils sont malades, ils sont absents, ils ne sont pas remplacés - rien que dans mon établissement il en manque 6 actuellement - c'est terrible !

Face au coronavirus, face à l'épidémie, quel est l'état d'esprit du corps enseignant en général ? Faut-il maintenir les cours et les écoles ouvertes le plus possible, ou bien faut-il vous préserver, vous ?

C'est une opposition qui n'a pas de sens. Depuis le début, nous militons pour que nos établissements restent ouverts. On l'a vu, le premier confinement a été tellement préjudiciable pour les plus fragiles, et même pour les bons élèves aussi, qui vont connaitre d'autres pathologies... À 15 ans, ce n'est pas le moment d'être enfermé avec papa-maman, on le sait bien ! Par contre, il faut des moyens en profs, en personnels de vie scolaire et en personnels d'entretien. En infirmières aussi ! D'ailleurs, elles seront en tête de cortège dans bien des villes aujourd'hui.

En fait cette crise sanitaire ne fait que révéler un mal endémique. Je suis venue bien souvent dénoncer à votre micro le manque de recrutements, et là ça rend les choses visibles à tout le monde. Les parents ont fait l'expérience de l'école à la maison, et je crois qu'on n'est pas prêt à renouveler. L'école, c'est dans l'école, en face à face. Et pour ça, il nous faut des moyens, vraiment !

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