Éducation

Pyrénées-Atlantiques : les regroupements scolaires ne sont pas du goût de tous les maires

Par Marie-Line Napias, France Bleu Béarn samedi 30 janvier 2016 à 11:03

Ecole (illustration)
Ecole (illustration) © Radio France - Aurélie Lagain

Le département des Pyrénées-Atlantiques voit ses effectifs baisser dans le premier degré. En 2016, il aurait dû rendre treize postes, mais en échange d'une convention-ruralité ils ont été maintenus. L'inspecteur d'académie lance un appel à projet auprès des maires pour des regroupements d'écoles.

Le projet de regroupement scolaire (RPI) présenté par l'inspecteur d'académie ne fait pas que des heureux. Les maires étaient invités le 18 janvier à découvrir la convention- ruralité et les RPI qui vont avec. En contre- partie des regroupements, les écoles qui perdent une classe conservent un demi- poste. Cette année le département a conservé les treize postes d'enseignants qu'il aurait du rendre à cause de la baisse globale des effectifs. En Béarn trois regroupements présentés en cours de finalisation sont déjà en place dans les faits.  C'est le cas du RPI Labatmale/Saint Vincent, près de Pontacq. Le maire de Saint Vincent,  Roger Doussine est content.

C'est la survie de la commune. J'avais une classe unique. Grâce au regroupement avec Labatmale qui n'a pas d'école, on a un demi-poste en plus pour l'accueil des petits le matin. Nous on a des locaux neufs.

Le maire de Saint Vincent heureux de sauver sa classe unique

D'autres maires sont beaucoup moins satisfaits,. C'est le cas d'Arnaud Fontaine, maire d'Osserain -Rivareyte, qui a trente-cinq élèves pour deux classes et doit s'unir à Sauveterre. Selon le document de l'inspection d'académie transmis aux élus, il s'agit d'une proposition : "destinée à engager la réflexion partagée avec les élus, une réflexion qui gagnera à être amendée par le débat".  Pour lui, à terme, l'objectif est de fermer les petites écoles. Il conteste ce marchandage qui consiste à dire aux élus : "On devrait vous supprimer un poste mais on s'engage pendant quelques années à vous en laisser un demi. " L'éducation nationale miserait sur la vision électoraliste des élus locaux et selon Arnaud Fontaine,  les élus locaux pensent avant tout à la vie des territoires.

Arnaud Fontaine, pas dupe des propositions de l'éducation nationale

le maire d'Osserain- Rivareyte n'est pas un cas unique. D'autres élus ruent dans les brancards. L'inspecteur d'académie les a réunis le 18 janvier pour leur présenter la convention-ruralité. C'est à cette occasion que Idelette Demaison, la maire de Bellocq, a découvert qu'un projet de RPI concernait sa commune. Elle a une école de trois classes avec soixante enfants et elle devrait se regrouper avec Ramous et Lahontan. Dans ce projet de RPI on passerait d'un total de huit classes à six seulement. Elle n'apprécie pas la manière et se pose beaucoup de questions.

Que va devenir le personnel employé par la commune ? Quid des transports , qui devraient devenir payants ? Il y aura forcément des conséquences négatives.

La maire de Bellocq, très en colère contre l'inspection d'académie

Idelette Demaison a écrit à l'inspecteur d'académie mais aussi au président du conseil départemental et au député David Habib.

L'inspecteur d'académie espère que les maires répondront à son appel à projet pour accepter les regroupements d'ici fin mars. Il mise sur une quinzaine de regroupements pédagogiques pour l'année prochaine. Rien n'est moins sûr.