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Dossier : Coronavirus Covid-19

Des directeurs toujours très sceptiques et inquiets sur la réouverture des écoles dès le 11 mai

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Par , France Bleu Limousin

Le 1er ministre a annoncé ce mardi la réouverture progressive des écoles maternelles et élémentaires dès le 11 mai sur tout le territoire. Mais pour les syndicats enseignants, les conditions ne seront probablement pas réunies en seulement 15 jours, pour le faire dans des conditions acceptables.

Les directeurs d'écoles pas spécialement rassurés par les annonces d'Edouard Philippe (photo d'illustration)
Les directeurs d'écoles pas spécialement rassurés par les annonces d'Edouard Philippe (photo d'illustration) © Maxppp - IP3 PRESS

Lors de ses annonces sur le début du déconfinement ce mardi à l'Assemblée Nationale, le 1er ministre Édouard Philippe a estimé qu'il est "impératif" de rouvrir progressivement les écoles. En commençant dès le 11 mai et dans toute la France, par les écoles maternelles et élémentaires. Avec toutes les mesures d'hygiène et de distanciation possibles. Si le port du masque sera "prohibé" pour les élèves de maternelle, il pourra être un recours pour les élèves et professeurs des écoles primaires, quand la distanciation physique sera difficile à mettre en place. Du gel hydroalcoolique devra être mis à disposition. Et surtout, le nombre d'élèves devra être limité à 15 par classes. Mais avec "un maximum de souplesse donné aux acteurs locaux" a aussi glissé le 1er ministre.

On demande le temps nécessaire. Ce 11 mai arrive bien vite !

Des mesures finalement très floues et difficiles à mettre en place en si peu de temps, notamment dans les grandes écoles de ville selon Thibault Bergeron, secrétaire départemental UNSA Éducation et directeur d'une école élémentaire à Feytiat près de Limoges :"Il y a des salles de classe où on peut avoir la distanciation pour 15 élèves. Il y en a d'autres pour lesquels ce ne sera pas possible parce que les classes sont trop petites. Il faudra surement s'adapter avec des effectifs encore plus réduits. Faire en sorte que les élèves de deux classes différentes ne se croisent pas, quand on travaille dans une école à 14 ou 15 classes, cela relève d'une organisation millimétrée. Et ce qui est compliqué, c'est qu'on a toujours pas de schéma directeur. C'est pour cela qu'on demande le temps nécessaire pour les rouvrir. Et on se dit que ce 11 mai arrive bien vite."

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Cette inquiétude vaut aussi pour les écoles rurales selon Anabel Roy, secrétaire départementale UNSA Enseignants et directrice enseignante à l'école primaire de Saint Martin de Jussac, près de Saint Junien en Haute-Vienne :"Dans les écoles rurales, les surfaces de classe sont souvent assez restreintes car en général, ce sont des bâtiments plutôt anciens. Il est possible qu'à 15, les élèves ne logent pas dans les salles de classe avec la distanciation préconisée. Il va falloir envisager d'en mettre dans d'autres classes. Quid de la surveillance de ces enfants là ? Comment s'organiser par rapport à ces différents groupes ? Il y a aussi la question des moyens humains et financiers. En général, les communes rurales ont peu de personnel communal à disposition. Pour l'achat de masques ou l'installation de protections sur les tables des enfants, les moyens financiers sont réduits à tel point qu'il n'est pas sûr que les communes puissent investir suffisamment pour protéger les élèves."

Si les conditions ne sont pas réunies, il ne faudra pas rouvrir 

Se pose aussi la question des responsabilités prévient Thibault Bergeron :"La responsabilité pour les directeurs et directrices d'écoles, pour leurs adjointes et adjoints, mais aussi pour les municipalités, est grande. Nous, ce qu'on dit très clairement, c'est que si les conditions ne sont pas réunies, notamment au niveau épidémiologique, évidemment qu'il ne faudra pas ouvrir. Mais ça, c'est à la responsabilité du préfet et de l'inspection académique de l'apprécier. Pas aux directeurs d'école ou aux maires des communes. Les inquiétudes restent très fortes. Il y a toujours une incompréhension du message qui est adressé par l’exécutif. Notre sentiment, c'est que tout cela se fait de manière très précipité. Et je ne suis pas sût que l'objectif de raccrocher les élèves les plus éloignés de l'école soit atteint d'ici aux vacances scolaires. Il n'y aura pas de rattrapage des inégalités scolaires en si peu de temps. C'est sur l'ensemble de la scolarité que l'on arrivera à rattraper les choses."

Pour les collèges, le 1er ministre a annoncé une réouverture progressive à partir du 18 mai, mais uniquement dans les départements où la circulation du virus sera faible, et seulement, dans un 1er temps, pour les classes de 6e et de 5e. Pour les lycées, une décision sera prise à la fin du mois de mai. Édouard Philippe ayant précisé que ce sont les lycées techniques qui rouvriront en premier. En ce qui concerne les crèches, elles rouvriront dès le 11 mai si les conditions sont réunies. Mais avec des groupes de 10 enfants maximum, quitte à accueillir plusieurs groupes. L'exécutif estime que ce seront "aux gestionnaires de décider". En recommandant tout de même, de donner la priorité aux enfants de soignants et de parents qui ne peuvent pas être en télétravail.  

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