Éducation

Lille : au cœur d'un exercice attentat-intrusion dans une école

Par Cécile Bidault, France Bleu Nord et France Bleu lundi 17 octobre 2016 à 6:00

Autour de l'enseignant, les enfants font silence
Autour de l'enseignant, les enfants font silence © Radio France - Cécile Bidault

Avant les vacances de la Toussaint, tous les établissements scolaires doivent avoir réalisé un exercice attentat-intrusion. Nous avons assisté à l'un d'entre eux, à l'école Bara-Cabanis de Lille, dans le quartier de Fives.

Ce matin-là, dans la classe de Florian Ghoris, rien d'anormal. Les élèves de CM1 travaillent sur les notions de liberté, de générosité, de famille. Quand tout à coup, une alarme retentit. Il faut vraiment tendre l'oreille pour l'entendre depuis la classe, mais les élèves, qui étaient au courant de l'exercice, sont à l'affût. L'enseignant éteint la lumière, ferme la porte à clé, et en quelques secondes, les enfants sont assis par terre, en silence. "Ça fait bizarre", murmure une élève, "d'être comme ça dans le noir et silencieux". L'exercice dure onze minutes. Jusqu'à ce que la directrice vienne rouvrir la porte, ce qui fait d'ailleurs sursauter les élèves.

Exercice attentat-intrusion, dans la classe de Florian Ghoris

"ça fait peur", "moi ça me rassure"

L'exercice terminé, les enfants ont besoin de raconter comment ils l'ont vécu. L'un explique "qu'il a pleuré au début, tellement il avait peur". L'autre "sait que ça n'arrivera pas", mais "si ça arrive, au moins, je saurai ce qu'il faut faire, ça me rassure". Une autre encore redoute que "ce qui s'est passé à Charlie et à Nice se reproduise". Nicole Taquet, la directrice de l'école Bara Cabanis, reconnaît que ce genre d'exercice peut être inquiétant, mais selon elle, il "faut désormais avoir la culture de la protection".

Reportage de Cécile Bidault

Plusieurs points à améliorer

A l'heure du bilan, l'enseignant Florian Ghoris résume : "l'alarme n'est pas assez audible, il faut trouver un autre dispositif". En effet, deux des classes de l'école n'ont rien entendu, et n'ont donc pas participé à l'exercice. Par ailleurs, dans la caisse dite "de confinement", il manque de l'eau, et la radio fournie n'a pas de piles. L'école a l'intention de réaliser d'autres exercices de ce type.

Partager sur :