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Cyber-harcèlement au lycée Champlain : "Ça aurait pu dégénérer"

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Par , France Bleu Paris
Chennevières-sur-Marne, France

Le proviseur du lycée Samuel Champlain, à Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne), a écrit aux élèves et à leurs parents suite à des faits de cyber-harcèlement. Pendant plusieurs semaines, un compte "Instagram", suivi par plus de 200 adolescents, colportait des ragots, parfois très humiliants.

Campagne contre le harcèlement en milieu scolaire
Campagne contre le harcèlement en milieu scolaire - CDJ06

Dans ce lycée Samuel de Champlain qui accueille plus de 2000 élèves, plusieurs comptes "Instragam" ont été créés ces derniers mois.  Au départ, "champlaincrush", "c'était plutôt mignon" expliquent les élèves que France Bleu Paris a rencontrés. Ce compte avait comme but de favoriser les relations amoureuses entres élèves. Ce compte a commencé à devenir problématique quand l'une des publications a concerné les "fesses" d'une professeure du lycée.   

Tout le monde pouvait se sentir menacé" - Lise* élève de première 

Ce compte a vite été dépassé par un nouveau : "champlainreact" qui contenait un mot d'ordre très clair : "Tu connais des secrets sur des gens de Champlain ? Tu as envie de te venger en anonyme ? C'est ton jour de chance". Dans l'une des publications sur ce compte, où pouvait lire qu'une élève multipliait les relations sexuelles, qu'un autre se masturbait dans les toilettes. "Il y avait son nom, son prénom, sa classe" précise Margault*, élève de première. Lise* ajoute le sentiment partagé par nombre de ses camarades : "Je pense que tout le monde pouvait se sentir menacé parce qu'il suffisait qu'une personne ne t'aime pas et qu'elle divulgue n'importe quoi sur toi. Heureusement que certains élèves ont dénoncé ces comptes parce que ça aurait pu dégénérer". 

J'invite les parents à dialoguer avec leurs enfants" - Lettre du Proviseur

Des élèves ont en effet dénoncé l'existence de ces comptes et le proviseur a écrit aux élèves et à leurs parents. Dans cette lettre, Jean-Luc Héraud, le proviseur invite "les parents à dialoguer avec leurs enfants sur cette question de l'usage des réseaux sociaux et sur les risques encourus dont bon nombre ne semble pas avoir conscience, aux vues de la participation de certains, à peine cachée, qu'il s'agisse d'être à l'initiative de certaines démarches ou d'entretenir la situation par des commentaires, même lorsque l'élève lui-même en est victime".   

Il va falloir expurger cette affaire" - PEEP 

Pour l'instant, aucune sanction n'a été prononcée et les élèves n'ont pas abordé cette question en classe au grand dam de Margault*. "Moi, personnellement,  j'attendais que le proviseur vienne dans les classes ou que notre professeur principal nous parle, parce que moi mes parents ont été là mais je sais qu'il y a des parents qui ne vont pas forcément voir leurs enfants, je sais aussi que des jeunes peuvent se renfermer sur eux-mêmes donc c'est important qu'il y ait un prof au moins qui puisse parler et que ce soit mis au clair, avec des répercussions". Même son de cloche du côté des parents d'élève. Pour le représentant de la PEEP, "il va falloir en parler avant la fin de l'année scolaire, expurger cette affaire".  

Je pense qu'il faut en parler mais nous ne sommes pas psy - Professeure 

Les professeurs ne sont pas contre mais n'ont pas forcément les outils, la méthode, pour en parler. Edith Breitenstein est professeure d'allemand, elle représente les enseignants au CA du lycée. "Je pense qu'il faut en parler mais nous ne sommes pas psy, ce n'est pas notre rôle. Il faut être très prudent : si on écoute trop ou si les élèves nous en disent trop et qu'on empêche une suite d'informations, c'est problématique. Il y aussi la sensibilité des uns et des autres, la capacité à écouter les élèves. Il faut que, nous aussi, on soit très prudent mais je pense qu'il va falloir qu'on mette les choses au clair et qu'on en discute entre nous et avec les élèves d'une manière ou d'une autre". Les professeurs vont donc se réunir ce jeudi. La direction et le rectorat décideront ensuite de l'accompagnement qui sera, ou non, donné aux élèves.

*Les prénoms ont été modifiés 

Pour tout renseignement sur le cyber-harcèlement. 

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