Éducation

Manifestation de profs lors de l’inauguration du collège Diderot de Planoise

Par Hugo Flotat-Talon, France Bleu Besançon mardi 29 mars 2016 à 20:28

Même en zone d'éducation prioritaire REP+ les moyens seraient insuffisants.
Même en zone d'éducation prioritaire REP+ les moyens seraient insuffisants. © Radio France - Hugo Flotat-Talon

Malaise mardi matin à l'inauguration des nouveaux locaux du collège Diderot de Planoise à Besançon. Des professeurs sont venus montrer leur mécontentement après plusieurs agressions physiques. Une action non prévue au programme qui a jeté un froid.

Préfet, recteur et inspecteur d'académie, principal, maire de la ville, présidente du conseil départemental, chefs d'entreprise et architectes. Ils étaient tous réunis au collège Diderot de Besançon ce mardi, pour inaugurer les nouveaux locaux de l'établissement. 19,3 millions d'euros ont été investis pour refaire à neuf les locaux. Des visites bien encadrées pour montrer la volonté de tous d'améliorer les conditions d'enseignement dans ce collège de plus de 700 élèves à Planoise. Une matinée parfaitement orchestrée qui n'était pas du goût de tous les professeurs qui ont décidé de montrer leur mécontentement.

67% des boursiers

Vers 11h, dans la salle des professeurs, l'ambiance était déjà bouillante. "Ils ont aménagé les cours, les horaires et tout nettoyé pour recevoir tout le monde", s'indigne une professeur de langue. "Mais ce n'est pas ça la vie au collège tous les jours". Et elle et ses collègues de raconter les agressions physiques et verbales. "Comment voulez-vous que ça marche ! On a des classes à 25 au début de l'année et avec les élèves qui se rajoutent au fil des mois, on termine à 28 élèves par classe". Des élèves en grande difficulté. Le collège Diderot accueille 67% de boursiers contre 24% dans l'académie en moyenne.

Entrée furtive et malaise dans l'assemblée

Alors vers midi-trente, alors que les discours officiels élogieux se succèdent, une quinzaine de professeurs entrent dans la salle. Ils sont habillés de tee-shirts jaunes et blancs. Pas de cris revendicatifs, mais des messages inscrits sur leurs vêtements : "Classes surchargées", "Ghetto non, mixité oui", "Classes surchargées = profs malmenés". Malaise dans l'assemblée. Les visages se crispent.

Dès la fin des discours, préfet, maire de la ville, et responsable de l'académie se pressent vers les professeurs. "On a des collègues en arrêt, deux se sont fait agressés physiquement cette année", s'énerve Anne, professeur de mathématique. "Vous avez fait un beau tram Monsieur Fousseret, utilisez-le pour faire venir des enfants d'autres quartiers ici', renchérit un collègue. Le maire et le préfet d'expliquer que la politique de la ville a pour but de créer de la mixité à long terme. Trop lent pour les professeurs.

L'action des professeurs n'est pas passée inaperçue. - Radio France
L'action des professeurs n'est pas passée inaperçue. © Radio France - Hugo Flotat-Talon

"On fait ce qu'on peut pour éviter ce que vous nommez la ghettoïsation, mais on ne peut rien sans volonté politique", explique le recteur Jean-François Chanet. En effet, seul le département a un pouvoir sur la carte scolaire. "C'est un sujet compliqué qui revient tous les ans, c'est dur à gérer entre ceux qui veulent rester entre eux et ceux qui ne veulent pas venir ici", explique prudemment la présidente du conseil départemental Christine Bouquin. Elle a promis de travailler sur le sujet avec les professeurs. Mais ce ne sera certainement pas pour la prochaine rentrée.