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"Écouter et débattre" : l'enseignement de la liberté d'expression après l'assassinat de Samuel Paty

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Par , , France Bleu Berry

Plus de deux semaines après l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty, France Bleu organise une journée spéciale. L'enseignement de la liberté d'expression est une priorité. Nous avons donné la parole à des professeurs d'histoire-géo.

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- © Maxppp - Olivier Donnars / Le Pictorium

Ce lundi 2 novembre, c'est une rentrée particulière pour les élèves après les vacances de la Toussaint. Avec la lecture de la lettre de Jean Jaurès et une minute de silence. Un hommage à Samuel Paty, cet enseignant assassiné dans les Yvelines après avoir montré des caricatures de Mahomet.

Un temps d'échange important avec les élèves 

Comment les enseignants vont aborder cette période si particulière ? France Bleu Berry a donné la parole à des enseignants en histoire-géo. "Il me paraît assez sage de revenir sur les faits avec les élèves. Le but de notre collègue assassiné n'était pas de dénigrer l'islam mais de montrer des caricatures. Il a montré des choses en prévenant les élèves qu'ils pouvaient être heurtés par ça", insiste Mathieu Henner, professeur au lycée Blaise Pascal, à Châteauroux. "Je vais les écouter, partir de ce qu'ils vont pouvoir me dire. Construire ou reconstruire le thème de la liberté d'expression. Je vais les laisser parler", avance de son côté David Navarro. Pour cet enseignant au collège Beaulieu de Châteauroux, "la liberté d'expression est très bien ancrée dans l'esprit des enfants".

La laïcité, il faut la faire vivre et comprendre aux élèves

Le souvenir de l'attentat contre Charlie Hebdo

Les expériences vécues en janvier 2015 par ces deux enseignants ne sont pas les mêmes. "En 2015, après les attentats, des enfants ont dit avoir été choqués par les caricatures. Mais jamais au point de dire que les dessinateurs l'avaient mérité", se rappelle David Navarro. "C'est rare de devoir recadrer. Sur l'homophobie, le sexisme, oui. Jamais sur la laïcité", assure-t-il. De son côté, Mathieu Henner se souvient du comportement de certains élèves. Une infime minorité mais qui a quand même réagi. "En janvier 2015, j'ai été abasourdi par la réaction de certains élèves qui ont sifflé la minute de silence. Non pas qu'ils étaient pour les terroristes mais ils étaient contre Charlie Hebdo", se remémore l'enseignant.

En revanche, la réponse a été sensiblement la même. "J'ai l'habitude de dire à mes élèves que si l'un d'entre eux m'insulte, je ne vais pas sortir un pistolet l'abattre. Vous avez le droit d'être choqué, de ne pas être d'accord avec une caricature, mais on discute. J'ai montré beaucoup de caricatures qui montrent que Charlie tape sur tout le monde", souligne Mathieu Henner. "On part toujours des représentations des enfants. On leur pose des questions, on cherche à savoir ce qu'est pour eux la liberté d'expression. On travaille à partir de caricatures, on débat, on essaie d'établir les règles démocratiques", précise David Navarro.

Enseigner le vivre-ensemble et la tolérance

Ces attentats sur le sol français sont des moments éprouvants pour les élèves. "Beaucoup d'élèves ont eu la douloureuse expérience de se rendre compte que certaines personnes, se revendiquant de l'islam, commettent des actes. Ils ont du mal à l'accepter et se retournent vers des théories du complot", alerte Mathieu Henner. Il faut donc prendre le temps d'expliquer, de préciser. "Une heure d'éducation morale et civique toutes les deux semaines, c'est très peu, c'est comme un plâtre sur une jambe de bois", regrette l'enseignant.

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