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Éducation

Mixité sociale à l'école : l'exemple réussi du collège Allende de Rezé

mardi 10 novembre 2015 à 16:54 Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan

Najat Valaud-Belkacem, la ministre de l'Education, vient de présenter son plan pour qu'il y ait plus de mixité sociale dans les collèges. Nous sommes allés voir comment ça se passe dans un établissement où cette mixité est déjà une réalité : le collège Salvador-Allende de Rezé.

Collège Salvador-Allende à Rezé
Collège Salvador-Allende à Rezé © Radio France - Marion Fersing

Rezé, France

Au collège Salvador-Allende de Rezé, il y a 27 nationalités différentes et toutes les catégories sociales. Les enfants des familles modestes de la ville côtoient ceux des familles beaucoup plus aisées du quartier de Trentemoult. Autrement dit, la mixité sociale à l'école voulue par la ministre de l'Education, c'est depuis longtemps une réalité. 

Dès qu'ils ont des copains, l'apprentissage du français est facilité et ils s'intègrent plutôt bien

"Notre objectif, c'est que les enfants qui arrivent de l'étranger s'intègrent le plus rapidement possible. Nous testons d'abord leur niveau de français, nous les mettons dans une classe et, si besoin, nous avons une prof de français qui leur donne des cours en plus", explique le principal, Thierry Chouquet. Cette enseignante, c'est Lola Philippe. Elle le voit bien, les enfants apprennent très vite le français et ils trouvent leur place, petit à petit : "au début, on a des élèves qui ne peuvent pas dire un mot de français et qui sont un petit peu tous seuls et, au bout de deux-trois mois, on est obligé de leur dire de se taire et d'arrêter de bavarder en français ! Dès qu'ils se font des copains, l'apprentissage de la langue est facilité et ils s'intègrent plutôt bien".

Des cours de français au collège aussi pour les parents

Voilà pour les enfants. Pour les parents, c'est un peu plus compliqué. Ceux de Seraphim sont arrivés de Roumanie il y a déjà plusieurs années, mais le collégien confie qu'ils ont encore des difficultés en français : "ils prennent des cours de français, ils ont des exercices à faire et je les aide".* Le collège propose, lui aussi, des cours aux parents, pour que les échanges soient plus faciles*. "On axe vraiment sur le thème de l'école pour que les parents puissent suivre la scolarité de leurs enfants", explique Lola Philippe. "C'est parfois un peu compliqué, ils n'osent pas entrer dans l'école, s'adresser au personnel de l'école parce qu'ils ne maîtrisent pas bien la langue. L'objectif du dispositif, c'est de mettre fin à ça".

Notre diversité, c'est une fierté et un atout

Et à l'arrivée, le résultat est positif. "Notre diversité, nous en avons fait un atout", confie le principal, Thierry Chouquet. "Nous sommes le seul collège du département à proposer le chinois dès la sixième et avoir 27 nationalités différentes, c'est une fierté". Et il balaie la crainte de certains parents de voir baisser le niveau de leur enfant s'il va dans un collège où il y a beaucoup de mixité : "nous avons, tous les ans, des élèves qui ont des mentions bien et très bien au brevet. Les élèves qui sortent de chez nous sont plus forts dans leur tête. Ils ont appris la solidarité, l'entraide". Et c'est vrai, eux même le confirment, quand un de leurs camarades a des problèmes pour comprendre un cours ou un exercice, ils l'aident. Ils corrigent, aussi, ceux qui font des fautes en français, raconte Lija dont la famille vient de Centrafrique. 

Pour le principal, Thierry Chouquet, la diversité est une chance

Cette diversité, c'est aussi une belle ouverture pour le principal. "Les familles aisées trouvent ça intéressant pour leurs enfants. Elles sont demandeuses de ça et pas seulement de bons résultats scolaires". Les élèves acquiescent, même si, eux, les différences d'origine, ils s'en préoccupent peu : "on pense pas à ça, pour nous, on est tous pareils", glissent de concert Lija et Tiziri. Parfois, ils se demandent mutuellement comment se dit tel ou tel mot dans une autre langue, souvent des gros mots... mais ça ne va pas plus loin. Pour eux, cette diversité est juste normale.

Les enseignants s'adaptent... et apprennent beaucoup de leurs élèves 

Alors bien sûr, pour que ça fonctionne, les enseignants doivent s'adapter. Lola Philippe le reconnait : "cette diversité, c'est quelque chose qu'il faut prendre en compte dans nos cours, qui demande des aménagements, ça c'est sûr. Après, dans un collège comme le nôtre, où ça fait quelques années que ça tourne, finalement, c'est quelque chose qui se fait facilement". Et elle est la première à s'enthousiasmer de la richesse que lui apportent ses élèves : "j'apprends énormément de choses, énormément de mots dans toutes les langues, j'apprends même des recettes de cuisines. On apprend beaucoup de nos élèves, c'est l'une des choses que j'aime le plus dans mon travail".

Mais cette diversité, ces questions d'intégration, ne sont pas une obsession au collège Allende. "On travaille pour que chaque élève se sentent bien, au-delà des questions ethniques", conclut Thierry Chouquet, le principal. Et pour finir de rassurer les familles, il assure que l'une de ses priorités, c'est la sécurité de l'établissement. "Il n'y a pas de bandes qui font la loi chez nous".

Le reportage de Marion Fersing au collège Salvador Allende de Rezé