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Éducation

Mobilisation pour le maintien des emplois d'aide à la direction d'école

jeudi 9 novembre 2017 à 6:07 Par Noémie Lair, France Bleu Poitou

Rassemblement hier après-midi devant le Conseil départemental de la Vienne pour tenter de sauver les emplois d'aide administrative à la direction d'école. Le gouvernement a annoncé que ces contrats aidés allaient être supprimés. Des emplois pourtant essentiels d'après les manifestants.

Les aides à la direction d'école accompagnent notamment les sorties scolaires (photo d'illustration)
Les aides à la direction d'école accompagnent notamment les sorties scolaires (photo d'illustration) © Maxppp - Damien Gautier

Poitiers, France

Ils accompagnent les sorties scolaires, aident les directeurs dans leurs tâches administratives ou encore travaillent dans les bibliothèques des écoles. Ce sont les aides administratives à la direction d'école (AADE) et leur emploi est menacé. Le gouvernement a annoncé que ces emplois, qui sont en fait des contrats aidés, allaient progressivement être supprimés. Dans la Vienne, 35 écoles sont concernées par ces suppressions.

"La loi envisage des clauses selon lesquelles certains pourraient être reconduits", explique Julien Marmisse du syndicat enseignant Snudis-FO 86. Mais le 4 octobre dernier, le sous-préfet a annoncé qu'"aucun de ces contrats ne serait renouvelé", d'après l'enseignant. "Donc on veut appuyer ces demandes et essayer d'insister."

Hier après-midi, ils étaient une dizaine d'enseignants, parents d'élèves et directeurs réunis devant le Conseil départemental de la Vienne. Ils espéraient pouvoir participer au Comité départemental de l'Education nationale pour défendre ces emplois d'aide à la direction. Ils n'ont finalement pas pu rentrer et devront prendre rendez-vous. Dans les écoles aussi, la mobilisation s'organise et plusieurs pétitions ont été lancées.

Des emplois essentiels

Sandrine Degenne-Furet est directrice de l'école élémentaire du Planty à Buxerolles. Elle ne comprend pas pourquoi ces emplois vont être supprimés : "Cela fait huit ans que, sous une forme ou sous une autre, il y a des aides à la direction. Huit ans, ça veut dire que oui, c'est essentiel au bon fonctionnement de l'école."

Un membre de son personnel est concerné par la fin de ces emplois. Cette personne travaille depuis deux ans et a pour mission l'accueil des familles et du secrétariat. "C'est un gros travail qui me permet à moi d'être plus disponible pour ce que j'appelle la vie scolaire comme par exemple les conflits ou recevoir des parents sur des dossiers plus importants."

"Ils soutiennent et ils allègent les directeurs et les directrices dans la quantité de travail qu'ils ont", résume Julien Marmisse, enseignant et secrétaire départemental adjoint du syndicat enseignant Snudis-FO 86. Une quantité de travail qui n'arrête pas d'augmenter assure-t-il : "ils sont surchargés et les aides à la direction ont été bénéfiques donc les voir partir, c'est très douloureux."

Je n'ai pas eu le sentiment de ne servir à rien." - Jean-Jacques, aide à la direction pendant trois ans

Jean-Jacques a 55 ans, il travaillait depuis trois ans dans l'école Edouard Herriot de Châtellerault. En octobre, il a appris que son contrat, au secrétariat essentiellement, n'était pas renouvelé. "Une surprise, explique-t-il, parce que la direction avait reçu des données indiquant que ce ne serait pas le cas. Et en même temps, pas vraiment une surprise parce que j'avais suivi la presse tout l'été et je savais que le gouvernement voulait nous faire passer à la trappe."

Pourtant, à son départ, Jean-Jacques assure avoir reçu plusieurs messages de soutien et de remerciement de la part des parents d'élèves, des élèves, de l'équipe pédagogique et de la direction : "Je n'ai pas eu le sentiment de ne servir à rien." A 55 ans, il s'est remis à chercher du travail mais a peu d'espoirs d'en retrouver.

C'est quelqu'un qui va se retrouver dans une situation catastrophique d'un point de vu personnel. C'est révoltant." - Sandrine Degenne-Furet, directrice de l'école élémentaire du Planty à Buxerolles

"Il y a aussi le dossier personnel de ces personnes", ajoute Sandrine Degenne-Furet. Dans son école, elle est très satisfaite du travail de la personne qui est aide à la direction : "C'est quelqu'un qui a de très bonnes compétences de secrétariat mais qui va arriver en fin de contrat en novembre avec un traitement du dossier pas très humain et qui va se retrouver dans une situation catastrophique d'un point de vu personnel. C'est révoltant."

Une reconversion sans formation

Une solution de reconversion a bien été proposée à certains : devenir AVS, auxiliaire de vie scolaire. Cette femme d'une cinquantaine d'années, par exemple, travaillait depuis quatre ans comme aide administrative dans deux écoles. Elle même reconnue travailleur invalide, elle s'occupe désormais d'un petit garçon handicapé : "Depuis un accident, j'ai très mal au dos et là, je suis obligée de me plier en deux parce que tout le mobilier est à hauteur d'enfants de 3-5 ans. Le soir, j'en pleure de douleur."

Le plus inquiétant pour les syndicats et pour cette femme, c'est qu'elle n'a reçu aucune formation : "Je suis démunie parce que je ne sais pas comment réagir à ce que fait ce petit garçon, comment lui parler." Et d'après elle, aucune formation n'est prévue.