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"On n'est pas des pions, ce mot est horrible" : le ras-le-bol des surveillants du Limousin

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Par , France Bleu Limousin, France Bleu Creuse

Les AED, les assistants d'éducation du Limousin, sont de nouveau mobilisés, quatre mois après une première journée de grève, début décembre. Leurs doléances n'ont pas changé, entre conditions de travail compliquées, journées à rallonge et tâches compliquées par la crise sanitaire,

Les AED, les suveillants des collèges et lycées sont mobilisés dans toute la France, comme ici à Carcassonne
Les AED, les suveillants des collèges et lycées sont mobilisés dans toute la France, comme ici à Carcassonne © Radio France - Claude Boyer

La situation ne s'arrange pas pour les AED, les assistants d'éducation, surveillants des collèges et lycées. Une partie d'entre eux s'était mise en grève début décembre, pour dénoncer leurs conditions de travail et le manque de reconnaissance de leur profession.

Un travail précaire mal considéré

Une nouvelle semaine d'actions a lieu en ce moment, avec des grèves dans plusieurs établissements, notamment à Châlus ou à Guéret.  Le SNES-FSU, le syndicat enseignant organisait ce jeudi 25 mars à Limoges une journée d'information et d'échanges pour ces surveillants pour faire le point sur leurs droits et sur les problèmes auxquels ils sont confrontés.  

La précarité de la fonction, avec des contrats d'un an, renouvelables 6 fois maximum au bon vouloir du chef d'établissement, fait partie des principales doléances. "AED on nous répète tout le temps que ce n'est pas un travail, explique Adrien, surveillant à Gay Lussac, à Limoges. Alors que moi, j'ai envie de ça, je suis très motivé à l'idée d'être AED". 

"Il y a eu plein de demandes nouvelles, la réponse c'est : on va demander à l'AED de le faire" explique Adrien

Il faut dire qu'au départ,le statut de surveillant avait été créé comme un boulot étudiant, pour payer la fac, et qui n'était pas amené à durer. Mais la société a changé, le marché du travail aussi et cet emploi est aujourd'hui essentiel pour une bonne partie des 900 AED du Limousin. 

Des tâches très variées et trop nombreuses

"Dans la pratique on est souvent réduits à des taches très simples, comme surveiller une grille pendant deux heures, détaille Adrien. On est très limités dans notre potentiel, par rapport à ce sur quoi on nous recrute, sur notre volonté de bouger avec les élèves, de les accompagner sur des ateliers, dans un apprentissage social... et d'un autre côté on va nous donner plein de trucs à gérer, beaucoup de tâches administratives". 

Des tâches très variées, et très nombreuses, sans cohérence entre elles, c'est aussi ce que dénonce Camille, AED à la cité scolaire Stéphane Loewy à la Souterraine. "Dans notre établissement on nous en demande beaucoup, mais vraiment beaucoup. On a mis un protocole [sanitaire] nous-même en place dans l'internat.

De la surveillance du repas à l'élaboration du protocole sanitaire, les missions de Camille sont très voire trop variées

Le Covid accentue le mal-être

Le manque de reconnaissance pèse aussi sur Mélanie, surveillante dans un établissement corrézien. "Dans cette période c'est pire que jamais, parce qu'on est au front. Quand je pense aux pions, je pense aux pions de l'échiquier. C'est eux qu'on fait bouger en premier parce qu'ils vont être sacrifiés, ils ne coutent rien. C'est bien dommage de nous voir comme ça alors qu'on est à un endroit dans la relation aux élèves qui pourrait être valorisé". 

Sur le port du masque, mais mon Dieu, moi je n'en peux plus !  Je dois le répéter 300 fois par jour aux élèves ! Mélanie, AED en Corrèze

Cette position de gendarme pèse aussi sur Adrien, pour qui ces protocoles sanitaires empêchent de mener à bien d'autres missions et nuisent au bien être des élèves, avec qui il n'a plus le temps de discuter. "La libération de la parole des élèves, particulièrement par rapport à la question de l'inceste qui est sortie, beaucoup d'élèves se sont mis à nous parler. Et je suis persuadé que le Covid, et cette relation qu'on a, très flic-élève au lieu d'avoir une relation de confiance... le Covid fait qu'on n'a plus le droit à ce contact. On rentre dans une nouvelle forme où on n'est plus là pour discuter avec eux on est là pour les obliger à des choses."

Ils demandent donc une reconnaissance du métier et de sa difficulté, tant au niveau financier que sur un plan moral. Ils souhaiteraient recevoir la prime Covid, à laquelle ils n'ont pas eu le droit, des primes de précarité à la fin de leurs contrats, la possibilité d'occuper leur poste durablement avec un vrai statut, ou encore de ne plus être recrutés uniquement par les chefs d'établissements mais par le rectorat. 

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