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"On n'est pas des séparatistes" : la colère des écoles occitanes après la censure du Conseil constitutionnel

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Par , France Bleu Occitanie

Face à la colère des défenseurs des langues régionales après la censure par le Conseil constitutionnel de l'enseignement immersif, Emmanuel Macron demande au gouvernement d'agir pour garantir l'existence des écoles sous contrat.

École occitane Calandreta à Castanet-Tolosan (31)
École occitane Calandreta à Castanet-Tolosan (31) © Radio France - Jean-Pierre Odile

L'apprentissage des langues régionales est-il menacé ? Vendredi dernier, le Conseil Constitutionnel a décidé que l'enseignement immersif était contraire à la Constitution. Cela concerne l'instruction réalisée à 100% en langue régionale à la maternelle, avant qu'une introduction progressive du français à partir de la classe du cours préparatoire.   

Cette décision fragilise le statut juridique des établissements sous contrat à l'instar des écoles Calendreta dans notre région. Ces établissements enseignent la langue occitane depuis près d'un demi-siècle. La décision des Sages a provoqué l'incompréhension parmi les enseignants et les parents d'élèves. 

Incompréhension et colère

A Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), un rassemblement est prévu ce jeudi matin devant une école Calendreta. "Nous ne savons pas si la rentrée prochaine pourra se faire puisqu'en l'état notre école est hors-la-loi" s'inquiète Christelle Caylet, la directrice de cet établissement qui compte 25 élèves. 

On a l'impression de revenir à ces temps où il y avait un bâton dans l'école et si on parlait en occitan on se faisait taper

"Nous n'acceptons pas cette décision parce que cela fait 40 ans que le réseau Calendreta enseigne en immersion et des études prouvent qu'enseigner en immersion c'est la meilleure façon de faire vivre une langue est de l'apprendre" ajoute Christelle Caylet qui estime que cette méthode "n'empêche aucunement de savoir très bien écrire et parler le français puisque les langues ne se divisent pas mais s'additionnent." 

Cette jeune directrice d'une trentaine d'années a l'impression "d'être une hors-la-loi, d'être regardée comme un séparatiste alors que nous ne faisons qu'enseigner, on n'attaque pas la République. On a l'impression de revenir à ces temps où il y avait un bâton dans l'école et si on parlait en occitan, on se faisait taper".

La calendreta de Villefranche de Lauragais accueille 25 enfants.
La calendreta de Villefranche de Lauragais accueille 25 enfants. - Christophe Zoia

La rentrée "s'effectuera tout à fait normalement" assure Castex

De son côté, le Président de la république Emmanuel Macron a assuré mercredi sur Facebook que "rien ne saurait entraver" l'enseignement immersif en langues régionales, et a "demandé au gouvernement et au Parlement de trouver les moyens de garantir leur transmission". "Les langues de France sont un trésor national" et "ne cessent d'enrichir notre culture française. "Le droit doit libérer, jamais étouffer. Ouvrir, jamais réduire", dit-il en allusion à la décision du Conseil Constitutionnel, sans la citer. "La même couleur, les mêmes accents, les mêmes mots : ce n'est pas cela, notre nation".

Enfin toujours mercredi au Sénat, le Premier ministre Jean Castex a assuré que la rentrée "s'effectuera tout à fait normalement" pour les établissements "sous contrat d'association avec l'État" et qui ont exprimé "des inquiétudes" suite à cette décision. La veille à l'Assemblée, M. Castex avait déjà annoncé qu'il missionnait deux députés sur le sujet

"Ce sera une mission courte", et une fois les conclusions rendues "je recevrai l'ensemble des associations concernées, pour que sereinement nous en tirions toutes les conséquences", a précisé mercredi le Premier ministre, en insistant sur "la volonté politique du gouvernement de préserver la richesse que constituent, dans le cadre de l'unité de la République, les langues régionales".

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