Éducation

Nantes : mon amphi va craquer

Par Alexandre Blanc, France Bleu Loire Océan et France Bleu lundi 14 septembre 2015 à 6:00

Distribution de paniers repas à des étudiants, chaque mercredi à Strasbourg
Distribution de paniers repas à des étudiants, chaque mercredi à Strasbourg © Radio France - Clément Lacaton

Les étudiants sont de plus en plus nombreux à l'Université de Nantes. Le budget, lui, n'augmente pas. Plusieurs filières sont en sureffectif et ont géré le surnombre dans l'urgence avec les moyens du bord.

Plus de 38 000 étudiants ont fait leur rentrée à l'Université de Nantes. C'est plus d'un millier de plus que l'an passé, sans compter les inscriptions et changements d'affectation de dernière minute. En sociologie, 500 étudiants se sont présenté lors de la pré-rentrée lundi dernier au lieu des 400 attendus. Ils seraient plusieurs centaines au-delà des prévisions en sciences.

Il faut trouver des salles et des enseignants

L'augmentation du nombre d'inscrits n'est pas une surprise. Elle suit la logique démographique. Il y a plus de lycéens, donc plus d'étudiants. Mais face à cette donnée, le président de l'Université de Nantes déplore que l'Etat ne suive pas financièrement. Olivier Laboux estime qu'il manque 4 millions d'euros par an pour fonctionner correctement.

À l'Ecole Supérieure du Professorat et de l'Education (ESPE, sucesseurs de l'IUFM), 2000 heures de formation ne sont pas assurées. Si aucun moyen supplémentaire n'est débloqué, les masters 1 devront faire l'impasse sur l'enseignement de la recherche, et donc sur leur mémoire, et donc sur la validation de leur année. Les élèves comptent crier leur désarroi ce mardi après-midi sous les fenêtres du rectorat.

François Hollande s'engage à recruter 60 000 étudiants et on ne met pas les moyens en place pour pouvoir les former", — Jordan Bulteau, enseignant-stagiaire en formation à l'ESPE.

Les sureffectifs posent aussi des soucis de logistique. Les 1200 élèves de l'ESPE sont désormais réunis sur un seul site au lieu de deux pour faire de la place à la sociologie elle-même en surnombre. La directrice de l'UFR de sociologie a dû se mettre aux maths. Véronique Guienne se confronte à des problèmes de logiques dignes d'une recherche de master. Exemple : comment installer 45 étudiants sur 42 chaises ? "On compte sur les absents", répond Véronique Guienne. "L'année prochaine, on sera obligé de mettre des limites de capacité à l'inscription", poursuit la directrice d'une filière de sociologie qui a toujours mis un point d'honneur à accueillir tous les étudiants qui en faisaient la demande.

ECOUTEZ le désarroi de Véronique Guienne, directrice de l'UFR de sociologie

Avec 20% d'étudiants en plus en sociologie cette année, l'Université a accepté dans l'urgence d'embaucher un enseignant supplémentaire. En CDD, car 50 postes d'enseignants sont gelés à l'Université de Nantes depuis deux ans.