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Éducation

"Ne nous oubliez pas" : le message des rescapés de Maillé au ministre de l'Education nationale

samedi 25 août 2018 à 20:50 Par Camille Huppenoire, France Bleu Touraine

La commémoration pour les 74 ans du massacre de Maillé s'est déroulée samedi 25 août en présence du ministre de l'Education nationale. L'occasion pour ceux qui œuvrent pour le souvenir de cet événement de faire connaître leur travail. Leur pire crainte, que Maillé tombe dans l'oubli.

Jean-Michel Blanquer (g.) assiste à la cérémonie au cimetière, pour la commémoration des 74 ans du massacre de Maillé.
Jean-Michel Blanquer (g.) assiste à la cérémonie au cimetière, pour la commémoration des 74 ans du massacre de Maillé. © Radio France - Camille Huppenoire

Indre-et-Loire, France

Certains ont du mal à retenir leurs larmes. Un à un, les noms des 124 civils tués le 25 août 1944 sont déclamés, dans le silence du cimetière de Maillé. Des femmes, des hommes et une cinquantaine d'enfants, dont des bébés, massacrés par des soldats nazis. En leur souvenir, des gerbes ont été déposées devant la stèle du cimetière, et auprès des différents monuments aux morts de la commune, par des élus, des associations, les enfants de l'école de Maillé et le ministre de l'Education nationale.

La présence de Jean-Michel Blanquer aux cérémonies des 74 ans du massacre de Maillé a été saluée par l'ensemble des participants, particulièrement les rescapés. En compagnie de Serge Martin, 84 ans, récemment décoré de la Légion d'Honneur pour son engagement pour que le massacre de Maillé soit connu et reconnu, le ministre a également visité la Maison du souvenir. Attentif et curieux, posant de nombreuses questions, Jean-Michel Blanquer a longuement échangé avec les survivants du massacre.

Nous ne sommes pas éternels...ne nous oubliez pas.

Avant de prononcer son discours, en clôture de la cérémonie, le ministre a passé de longues minutes, en aparté, avec Gisèle Bourgoing, elle aussi rescapée de la tuerie de 1944, mais qui a perdu une quinzaine de membres de sa famille ce jour-là. "Nous ne sommes pas éternels, a-t-elle dit, les larmes aux yeux. Ne nous oubliez pas."

Visiblement touché par l'histoire de Gisèle, Jean-Michel Blanquer a assuré "lui avoir répondu très favorablement, puisque c'est justement le but de ma visite. L'éducation est un des outils principaux pour éviter que de telles choses se reproduisent." Le ministre a ajouté vouloir que l'on se souvienne de Maillé pour son importance historique, mais également pour éduquer les générations futures.

Avec la visite du ministre, Maillé espère un coup de projecteur bienvenu sur son histoire méconnue

Le directeur de la Maison du souvenir comme le maire de Maillé se sont montrés très satisfaits de la visite ministérielle, "en phase avec le travail que l'on fait ici", précise le maire, en allusion au public principal de la Maison du souvenir, les groupes scolaires. Ils viennent en majorité du département mais Romain Taillefait, directeur du lieu de mémoire, espère élargir le public, en profitant de la visite de Jean-Michel Blanquer, et du coup de projecteur qu'elle apporte sur l'histoire de Maillé. Il a aussi pris le contact des équipes du ministre, pour continuer l'échange. "_Il faut transformer l'essa_i, dit-il. Il y a beaucoup de travail...tant que Maillé n'est pas une évidence, il y a du travail."

Une évidence qui apparaîtrait enfin dans les livres d'histoire. Car Maillé a longtemps été oublié, éclipsé par la libération de Paris, qui a eu lieu le même jour, et un autre massacre, celui d'Oradour-sur-Glane. Interrogé sur l'absence du petit village d'Indre-et-Loire de nombreux manuels scolaires, Jean-Michel Blanquer a expliqué que son ministère ne créait pas les contenus des ouvrages...mais a promis d'évoquer le cas de Maillé avec les éditeurs. Un autre signe d'espoir pour les rescapés.