Éducation

Opération "collège désert" contre la violence à Saint-Denis

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris Région mardi 17 janvier 2017 à 18:02

Devant le collège Henri Barbusse, à Saint-Denis.
Devant le collège Henri Barbusse, à Saint-Denis. © Radio France - Rémi Brancato

Les parents d'élèves du collège Henri Barbusse de Saint-Denis ont exercé ce mardi ce qu'ils appellent leur "droit de retrait" : leurs enfants sont restés à la maison pour dénoncer la violence dans l'établissement et aux abords. Ils demandent un poste de médiateur pour le quartier.

On connaît les grèves de professeurs mais on connait moins le "droit de retrait" des parents. Ce mardi, les parents d'élèves du collège Henri Barbusse l'ont exercé à Saint-Denis : ils ont retiré leurs enfants de l'établissement, qui compte plus de 600 élèves, car ils dénoncent des violences à répétition.

"Les enfants ont peur et les parents ont peur" raconte Diane Gonié-Wronski, représentante FCPE des parents d'élèves, qui estime qu'il n'y a "pas assez de surveillants" au collège, qui compte 11 équivalent temps plein d'assistants d'éducation, selon les professeurs. "Les personnels d'établissement sont obligés parfois de raccompagner les élèves de l'établissement" dénonce pour sa part Grégory Thuizat, professeur de français et membre du syndicat SNES-FSU.

"A l'extérieur il y a des rassemblements, des personnes qui arrivent à quinze et qui peuvent voler un téléphone, il peut y avoir des coups plus violents", détaille Diane Gonié-Wronski

"Dans le collège et sur le chemin, il y a de l'insécurité" Diane Gonié-Wronski, représentante FCPE des parents d'élèves

Un poste de médiateur demandé "depuis septembre"

Alors les parents et les professeurs demandent des postes de surveillants supplémentaires mais aussi un poste d'adulte médiateur relais "depuis début septembre", qui pourrait intervenir aux abords de l'établissement et "établir un dialogue" avec les jeunes.

"Il y a un engagement de la ville à cofinancer une partie du poste et on attend maintenant un engagement de l'Etat" assure de son côté Slimane Rabahallah, maire adjoint en charge de la tranquillité publique à la mairie de Saint-Denis, venu soutenir les parents. Selon les parents, une réunion est prévue ce mardi à 18h30 à la sous-préfecture de Saint-Denis pour faire le point sur ce dossier.

Les parents ont organisé une journée "collège désert" pour dénoncer la violence. Rémi Brancato