Éducation

Pas de tirage au sort à l'université de Strasbourg : "Cela ne résout pas le fond du problème"

Par Aude Raso, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass lundi 17 juillet 2017 à 18:58

Université de Strasbourg, ici en juillet 2017
Université de Strasbourg, ici en juillet 2017 © Radio France - Aude Raso

Le président de l'université de Strasbourg a annoncé samedi qu'il n'y aurait finalement pas de tirage au sort à la rentrée pour les élèves de Staps et de psycho. Il appelle de ses vœux des moyens supplémentaires pour une meilleurs orientation des lycéens.

"Ce ne sont que des mesures d'urgence." Michel Deneken en a bien conscience : son annonce, samedi 15 juillet, sur l'absence de tirage au sort à l'université de Strasbourg à la rentrée prochaine ne résout pas le fond du problème. Environ 250 élèves désireux de s'inscrire en filières Staps et psycho étaient menacés par ce procédé "tout sauf égalitaire et républicain", selon les mots du président de l'université... mais seul à même à ce jour de faire face au trop-plein d'étudiants dans ces filières.

Mieux faire connaître la difficulté des filières universitaires

Pour éviter ce tirage au sort polémique dans les universités françaises, la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a mis des moyens à disposition. "Cela va nous permettre d'avoir des recrutements d'enseignants, probablement contractuels, ainsi que d'avoir des moyens supplémentaires pour la location d'équipements sportifs en filière Staps, explique Michel Deneken. Mais on attend maintenant une réflexion approfondie sur la manière dont on entre aujourd'hui à l'université."

Il y a un gros problème de méconnaissance de l'université et du niveau de difficulté des filières comme psycho ou Staps.

Alors que près de 87.000 bacheliers français attendent toujours en cette mi-juillet une place en fac, les acteurs de l'éducation entamaient lundi une vaste concertation pour réformer au plus vite le système d'entrée à l'université, source d'un "énorme gâchis" selon le gouvernement. Et le président de l'université de Strasbourg de citer l'exemple de "ces jeunes qui s'inscrivent en sport et abandonnent au bout de quelques semaines" : "Nous devons surtout travailler sur la motivation et l'orientation des jeunes avant qu'ils n'entrent à l'université. Nous devons essayer de convaincre un futur étudiant de ne pas embrasser une filière pour laquelle il n'est pas taillé. Mais cela suppose des moyens dès le lycée".

Plus de 50.000 étudiants à Strasbourg

La réflexion autour des "pré-requis" pour l'entrée à l'université n'en est qu'à ses balbutiements. Les concertations doivent durer plusieurs mois, afin de parvenir à honorer la promesse du gouvernement de supprimer tout processus de tirage au sort dans les universités françaises dès la rentrée 2018. Les syndicats étudiants ne cachent pas leurs craintes de voir dans ces "pré-requis" exigés au lycée une manière détournée d'imposer une sélection à l'université.

À la rentrée prochaine, l'université de Strasbourg pourrait atteindre le record de 52.000 étudiants. Elle anticipe déjà un trop-plein dans les années à venir en Administration économique et sociale (AES) et en Sciences de la vie.