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Éducation DOSSIER : Dossier du jour de France Bleu Vaucluse

Pédagogies alternatives : et si l'on apprenait autrement ?

jeudi 7 septembre 2017 à 6:59 Par Charlotte Lalanne-Labeyrie, France Bleu Vaucluse

Apprendre autrement, c'est possible, avec les pédagogies alternatives. Montessori, Freinet, Steiner. Autant de méthodes connues et enseignées en écoles privées, il y en a au moins six en Vaucluse. Mais l'école publique s'y met aussi, notamment dans quelques établissements à Avignon.

A l'école Candide, à l'Isle sur Sorgue
A l'école Candide, à l'Isle sur Sorgue © Radio France - Charlotte Lalanne

Vaucluse, France

Cent-dix mille élèves ont repris les chemins de l'école cette semaine en Vaucluse. Parmi eux, il y a ceux qui ont choisi une école un peu particulière, une pédagogie différente de celle dispensée traditionnellement par l'Education nationale. On les appelle les "pédagogies alternatives", un terme générique qui recouvre sur le terrain des réalités diverses.

Il y a d'abord ces écoles privées qui appliquent leur propre méthode d’apprentissage et leur programme : l'école Montessori, qui connaît un succès grandissant grâce à ce credo : respecter le rythme propre de l'enfant, libre de choisir ses activités. En France 7 000 à 8 000 élèves suivent cette méthode, en Vaucluse il y a 4 écoles Montessori.

Autre pédagogie, celle promue par l'école Steiner : il y en a 18 en France, dont une à Sorgues. Ici on privilégie le développement d’un citoyen ouvert sur le monde grâce à la pratique de l’art et à l’apprentissage de deux langues dès le CP. Dans cette école aux allures de petit village avec ces chalets en bois, 310 élèves se côtoient du CP à la terminale, une salle par niveau.

Alors qu'est-ce que ça change d'être élève ici ? "Tout !" répond Sofiane, 10 ans. "Surtout l'enseignement" ajoute son copain Gabriel. La différence pour Marie-Caroline Baquet, enseignante en classe de 4e, c'est qu'on prend en compte d'abord "la sensibilité" des élèves : "on laisse beaucoup de place à l'intériorisation par les élèves des contenus des cours de façon artistique," explique-t-elle. Ainsi dessine-t-on la révolution de l'imprimerie en cours d'histoire sur la Renaissance.

Mais la pédagogie Steiner va plus loin. Ici, le programme classique de l'éducation nationale est revu et corrigé. Au menu : jardinage, menuiserie, marqueterie, couture ou encore cette discipline bien particulière, l'eurythmie, à la croisée de la danse, du théâtre et des arts martiaux. Et visiblement, la méthode produit ses résultats : l'année dernière pour la première fois, 8 élèves de terminale ont présenté le bac en candidats libres. Sept d'entre eux ont été retenus.

A Steiner, le mot d'ordre c'est la liberté, et c'est bien ce qui séduit les élèves : "Les professeurs s'adaptent beaucoup plus à nous et à nos difficultés" raconte Christina, adolescente précoce venue d'un établissement public. "Dans l'école publique on est vraiment très cadré, les profs font cours à la classe, alors qu'ici ils font cours à chaque élève," renchérit son amie. Mais attention, plus de liberté ne signifie pas que tout est permis, rappelle Marie-Caroline Baquet : "la limite, c'est la liberté de l'autre !"

Sur ce point Michèle Bourton est bien d'accord. Professeure de français et d'histoire pendant 12 ans dans l'éducation nationale, elle a décidé en 2013 de monter l'école Candide à l'Isle sur Sorgue. Comme Steiner, c'est une école privée hors contrat avec l'Education nationale. Ce qui veut dire aucune obligation de suivre le programme et les horaires de l’enseignement public.

Mais contrairement à d'autres écoles dites alternatives, Michèle Bourton l'école Candide suit, elle, scrupuleusement le programme de l'éducation nationale, "en mieux !" assure sa directrice. Car dans ces classes, pas plus de 15 élèves, une classe par niveau du CE1 à la troisième. Autre particularité : à l'école Candide, aucun devoir maison sauf en 3e. Tous les devoirs se font en classe, accompagnés des quelque 7 chats présents dans cet établissement. "La ronronthérapie marche très bien !" se réjouit la directrice de l'école.

Pour Michèle Bourton, pas un regret : "A l'éducation nationale, de toute façon, c'était impossible de proposer cette pédagogie."

Et pourtant, certains enseignants tentent le coup dans l'école publique, à l'image de Marianne Schneider, directrice de l'école la Trillade, située en zone d'éducation prioritaire à Avignon.

Elle enseigne en classe de CP et avec ses collègues ils ont changé un peu les règles de l'apprentissage classique en puisant dans diverses méthodes alternatives. Un seul objectif : l'adaptation permanente, car aucune classe ne ressemble à la précédente.