Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Éducation

Plan pauvreté : plusieurs écoles de Saint-Etienne s'interrogent sur la distribution de petits déjeuners en classe

mardi 11 septembre 2018 à 20:23 Par Marie-Jeanne Delepaul, France Bleu Saint-Étienne Loire

Des petits déjeuners gratuits dans les écoles des zones d'éducation prioritaire : c'est l'une des mesures qui pourrait être annoncée par le gouvernement jeudi dans le cadre du plan pauvreté. Les écoles stéphanoises constatent que plusieurs élèves arrivent régulièrement le ventre vide.

La distribution de petits déjeuners dans les écoles pourrait faire partie des mesures annoncées dans le "plan pauvreté" le 13 septembre.
La distribution de petits déjeuners dans les écoles pourrait faire partie des mesures annoncées dans le "plan pauvreté" le 13 septembre. © Maxppp - PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI

Saint-Étienne, France

Distribuer des petits déjeuners à l'école : c'est l'une des mesures qui pourrait être annoncée par le gouvernement jeudi dans le cadre du plan pauvreté. Cela concernerait les écoles maternelles et primaires des zones d'éducation prioritaire. Le but : lutter contre les ventres vides à l'école, qui empêchent les enfants d'être bien attentifs en classe.

"Mes deux derniers déjeunent rarement. Ils ne veulent pas, que ce soit des biscottes, des gâteaux avec du lait... Alors forcément, ils ont un creux" - une maman stéphanoise

A l'école de l'Alma de Saint-Etienne, classée REP, Dounia, 3 ans, est incapable d'avaler un petit déjeuner avant d'aller à l'école. Et elle n'est pas la seule : "Mes deux derniers déjeunent rarement, témoigne une maman. Ils ne veulent pas, que ce soit des biscottes, des gâteaux avec du lait... Alors forcément, ils ont un creux". Du coup, ils se jettent sur leurs goûters quand la cloche sonne le midi.

Un problème de pauvreté, mais aussi d'éducation

Même constat à l'école Gaspard Monge, classée en zone d'éducation prioritaire REP +. Mathilde Bernon, institutrice en classe de CP, raconte : "Hier, une de mes élèves se plaignait de mal de ventre ; elle n'avait pris qu'un jus d'orange au petit déjeuner. Du coup elle était moins attentive, car elle est fatiguée, elle attendait avec impatience la cloche du midi". Pour elle, certains parents ne lèvent pas leurs enfants assez tôt, certains aussi n'ont "pas une bonne culture alimentaire". Selon elle, "c'est peut-être plus les parents qu'il faudrait éduquer que les enfants".

Des élèves affamés, moins attentifs en classe : le constat de Mathilde Bernon, institutrice à l'école Gaspard Monge.

Parfois, les problèmes liés à l'absence de petit déjeuner sont trop importants et nuisent gravement à l'apprentissage des enfants. Alors l'an dernier, Véronique, une enseignante, a décidé de prendre les devants pour l'une de ses élèves de CM1-CM2, qui vivait dans une famille Rom en grande précarité : "Elle arrivait le matin fatiguée, elle avait mal dormi, et comme on a vu qu'elle n'avait pas de quoi déjeuner chez elle, on a pris l'initiative d'aller acheter nous-mêmes de quoi la faire déjeuner."

Le reportage de France Bleu Saint-Etienne

Selon une étude de 2015, 14% des élèves zappent la case petit déjeuner en primaire, un chiffre qui monte à 22% dans les écoles prioritaires REP +. Mais ce n'est pas qu'un problème de grande pauvreté pour Jean-Luc Verilhac, le directeur de l'école : "Il y a des parents très pauvres mais qui sacrifient d'autres choses pour donner des repas à leurs enfants, alors que certains parents ont les moyens mais considèrent que le petit déjeuner n'est pas très important".

C'est également l'avis de Jean-Luc Ginder, un économiste, qui a lancé une pétition en ligne pour demander l'instauration d'un petit déjeuner gratuit pour tous : "le petit déjeuner partagé par tous sans distinction de condition est très important. Bien travailler sur cet aspect influe sur la santé, l’éducation, la capacité à se concentrer et donc à se construire un avenir sans honte en toute fraternité." Sa pétition a recueilli plus de 6700 signatures.

Des ateliers pédagogiques pour réapprendre à petit-déjeuner

Le directeur de l'école Gaspard Monge se dit "intéressé" par l'idée d'Emmanuel Macron de distribuer des petits déjeuners gratuits dans les écoles du réseau d'éducation prioritaire, mais reste à savoir qui va l'organiser, et surtout qui va payer. En attendant, il a monté, avec Mathilde Bernon, l'enseignante de CP, un projet éducatif, qui attend d'être approuvé par la mairie et la caisse d'allocations familiales. Le but : plusieurs fois par an, cuisiner et manger avec les élèves et les parents un petit déjeuner avant d'aller en classe. L'école Gaspard Monge espère pouvoir mettre en place le projet dès cette année.

Le projet de l'école Gaspard Monge