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Éducation

Plongée dans l'Histoire pour des lycéens manceaux en visite au camp de concentration de Natzweiler-Struthof

mercredi 25 avril 2018 à 14:49 Par Ruddy Guilmin, France Bleu Maine

À l'initiative de l'Aeris, vingt-cinq élèves des lycées Touchard et Saint-Croix partent ce week-end visiter le camp de concentration de Natzweiler-Struthof, en Alsace. Ils seront accompagnés d'un survivant afin d'approcher au plus près la réalité et le quotidien dans les camps.

D'après les estimations, 25 000 personnes ont péri derrière les clôtures du Struthof
D'après les estimations, 25 000 personnes ont péri derrière les clôtures du Struthof © Maxppp - Lionel VADAM

"L'horreur, l'extermination, la mort, la cruauté envers les juifs..." Quand on demande à ces lycéens de 16 ans ce que leur évoque la Seconde Guerre mondiale, le nazisme et l'holocauste, les réponses sont sans équivoque.  Normal : ils ont déjà étudié le sujet au collège (en 3e) et l'abordent de nouveau cette année en 1re. Néanmoins, cela reste toujours un peu abstrait au travers des cours et des manuels d'histoire reconnaît Guillaume Martin Van der Hagen, professeur au lycée Touchard : "Nous, on leur explique la mécanique politique, militaire, économique qui créé cette inhumanité. Mais les questions qu'ils se posent portent le plus souvent sur l'organisation, comment ça fonctionnait et aussi comment ça a pu se mettre en place."

C'est donc pour approcher la réalité de l'horreur, de la vie quotidienne dans les camps et pour "mettre des images sur les mots appris à l'école" qu'ils se sont portés volontaires pour faire ce voyage, organisé depuis 10 ans par l'Aeris (Association pour les Etudes sur la Résistance Intérieure Sarthoise) : "Quand on parle de la guerre, on parle surtout d'Hitler, explique Hugo, en 1re STMG au lycée Touchard, alors que là on va vraiment voir ce qui s'est passé, l'explication du camp en plus avec une personne qui l'a vécu." Ce témoin, c'est Jean Villeret, résistant déporté en 1944 au Struthof. Venu en novembre dernier rencontrer une première fois les lycéens, il sera avec eux lors de la visite du camp. 

Mon grand-père était un ancien déporté, mais il n'a pas eu le temps de me raconter

Certains élèves iront également chercher des réponses aux blancs qui parsèment leur propre histoire familiale. Plusieurs d'entre-eux ont des (arrières) grands-parents qui ont connu la déportation, à l'image d'Alexandre en 1re STMG au lycée Touchard : "Mon grand-père était un ancien déporté mais quand il est parti, j'avais 10 ans et je n'avais pas encore étudié tout ça à l'école. Il n'a pas eu le temps de me raconter ce qu'il avait vécu. Je voudrais le voir en allant là-bas." Des rapports entre la grande Histoire et l'histoire familiale qu'ils ont également abordé grâce à une exposition accueillie au CDI du lycée qui montre les recherches de deux frères sur leurs aïeux morts pendant la Shoah.

Approche concrète de l'Histoire, ce type de voyage est aussi une expérience "civique et citoyenne" pour Luc Foucault. Professeur d'histoire au lycée Sainte-Croix, il était du premier voyage organisé par l'Aeris en 2007, et participe depuis régulièrement. "Le but, c'est aussi qu'il sachent que la démocratie est fragile, que le nationalisme et les populismes peuvent resurgir et qu'il se doivent d'être vigilants", explique-t-il. À leur retour, les lycéens devront effectuer un travail de restitution de leur voyage. Ces travaux seront ensuite partagés avec leurs camarades. Ce qui fera d'eux les "passeurs de mémoire" que l'Aeris s'est donné pour mission de former depuis 10 ans.