Éducation

Plus d'un enseignant sur deux souscrit à une assurance contre les agressions

Par Julien Baldacchino, France Bleu lundi 12 octobre 2015 à 10:35

Les assurances traitent quelque 9.000 dossiers de conflits chaque année
Les assurances traitent quelque 9.000 dossiers de conflits chaque année © Maxppp

Plus de 450.000 enseignants – soit la moitié des profs français – ont souscrit cette année, révèle ce lundi Le Parisien, à une "assurance métiers de l'éducation", qui les couvre contre les risques d'insultes, de menaces, ou de violences physiques.

Elle s'appelle "Offre métiers de l'éducation", mais ses bénéficiaires la surnomment plutôt "assurance anti-insulte" ou "anti-menace" : cette assurance, proposée aux enseignants par la Maif et les Autonomes de solidarité laïques (ASL), est de plus en plus populaire, selon Le Parisien. Pas moins de 461.000 profs y ont souscrit cette année

Prise en charge et accompagnement juridique

Entre 2011 et 2014, le nombre de contrats a augmenté de 2,7%... et 18,2% sur le seul territoire de la Seine Saint-Denis, "avec de nombreux jeunes enseignants et des situations compliquées" selon la Maif. "C'est un soutien obligatoire, même si on espère ne jamais s'en servir", explique une enseignante dont les propos sont rapportés par Le Parisien. 

Car pour un prix variant de 34,90 à 39€ par an, cette assurance propose un soutien psychologique et moral, une protection des dommages corporels, mais aussi un accompagnement juridique (conseils et prise en charge des frais) qui leur permet soit de pouvoir se défendre face à la plainte de parents, soit de porter eux-mêmes plainte en cas d'insultes ou de menaces.

9.000 dossiers de conflits chaque année

Chaque année, les services chargés de ces assurances à la Maif et aux ASL gèrent 9.000 dossiers, dont 36% pour "insultes et menaces" et 32% pour "diffamations". "Avant, on réglait les choses à l'amiable [entre parents et profs, ndlr], plus maintenant", confie au Parisien Jacques Dureux de la Maif. 

"Les incivilités se développent et les enfants ont souvent raison aux yeux des parents lorsqu'il y a un conflit avec un enseignant"

— Jacques Dureux, responsable produits à la Maif

"On sait bien qu'en cas d'incident l'Education nationale ne sera pas forcément là pour nous aider", déplore une enseignante. Car très peu de dossiers sont ouverts chaque année par le ministère pour défendre les enseignants dans des situations de conflit.