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Pour la rentrée, "je vais faire part aux élèves de ce que je ressens" explique ce prof du collège Costa-Gavras

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Par , France Bleu Maine

Prof d'histoire-géographie depuis près de 20 ans au collège Costa-Gavras, dans le quartier des Sablons au Mans, David Lesauvage pense déjà à la rentrée du 2 novembre prochain. Il s'interroge sur le meilleur moyen d'aborder avec ses élèves l'attentat sur son confrère Samuel Paty.

Les élèves du collège Costa Gavras et leur enseignant David Lesauvage présentent leurs films au réalisateur.
Les élèves du collège Costa Gavras et leur enseignant David Lesauvage présentent leurs films au réalisateur. © Radio France - Solène de Larquier

Depuis la mort de Samuel Paty, ce prof d'histoire-géographie tué vendredi dans un attentat terroriste en région parisienne, David Lesauvage ne cesse d'y penser. "Je me dis que ça pourrait très bien m'arriver...", avoue celui qui enseigne depuis près de 20 ans au collège Costa-Gavras, dans le quartier des Sablons, au Mans, en zone d'éducation prioritaire.

"Ça prend de l'ampleur dans ma tête"

Alors forcément, ce sujet et la manière dont il faudra l'aborder dès la rentrée du 2 novembre avec ses élèves, occupe beaucoup ses pensées, même en cette période de vacances : "Depuis l'attentat, ça tourne un peu dans ma tête. J'essaie d'imaginer comment on pourrait rependre les cours. J'attends aussi les directives du ministère pour voir comment on va pouvoir s'y prendre, mais j'ai hâte de revoir mes élèves pour en discuter."

Pour le moment, il n'a pas d'idée précise sur la méthode. Mais pour une fois, celui qui se sent "en première ligne" dans un quartier défavorisé, où vivent de nombreuses familles de culture musulmane, laissera peut-être parler un peu plus son cœur : "Il faut rester objectif, mais là un collègue est mort dans des conditions atroces... Donc je vais leur part aussi de ce que je ressens. Je pense être assez proches de mes élèves pour aborder le sujet en partie par ce biais-là. J'ai encore un peu de temps pour y réfléchir. Mais il faut que ça décante car cet attentat commence à prendre un peu d'ampleur dans ma tête et j'avoue que ça demande réflexion."

"On a mille occasions tous les jours d'aborder ces sujets"

Le ministère a déjà annoncé qu'une minute de silence devrait être observée dans tous les établissements. Et que les élèves qui y dérogeraient devront être signalés. Dans un collège où en 2015, certains de ses élèves ne se sentant pas forcément "Charlie" avait refusé de se lever, tout en gardant le silence, craint-il ce moment ? "Non, je ne pense pas avoir de problème avec ça, j'ai installé une relation de confiance, avant la minute de silence je compte discuter avec eux pour expliquer la démarche."

Bon connaisseur de l'islam ("j'ai lu des bouquins pour être armé sur le sujet"), David Lesauvage continuera évidemment d'aborder tout au long de l'année les sujets de la liberté d'expression et de la laïcité avec ses élèves comme il le fait depuis des années, en faisant attention, en pesant bien ses mots : "Moi, je ne les montre pas les caricatures, mais il y a 1000 occasion tous les jours d'aborder ces sujets, par une discussion impromptue en lien avec le cours ou l'actualité. C'est plus percutant que d'en parler lors d'une sorte de grande messe un peu solennel. Quand c'est spontané, les élèves sont davantage à l'écoute. Là, avec ce qui s'est passé, l'émotion que l'attentat a suscité, ça risque de biaiser un peu les discussions... Mais on doit le faire, on n'a pas le choix."

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