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Éducation

Près du Havre, une mère de famille en grève de la faim car son fils n'a pas d'AVS

mardi 6 novembre 2018 à 16:40 Par Antoine Sabbagh, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu

Elle a arrêté de s'alimenter depuis lundi matin. A Notre-Dame de Gravenchon, cette mère d'un jeune autiste est en grève de la faim pour réclamer la présence d'une assistante de vie scolaire auprès de son fils. L'enfant est en droit d'en avoir une, mais il en est privé depuis la rentrée de septembre.

Laurine avec ses jumeaux, dont Cyliann à sa gauche
Laurine avec ses jumeaux, dont Cyliann à sa gauche © Radio France - Antoine Sabbagh

Notre-Dame-de-Gravenchon, France

Devant l'école de Cyliann, elle porte un gilet jaune. Mais c'est pour son fils autiste que cette mère célibataire de 35 ans se bat. Pour qu'il ait enfin à ses côtés dans sa classe de CM1, une auxiliaire de vie scolaire. "Depuis la première année de maternelle, Cyliann a toujours eu une AVS auprès de lui en classe. Il en a vraiment besoin car sinon il est perdu dans la classe, il a du mal à se concentrer, à écrire. C'est vraiment indispensable pour lui", raconte Laurine Levicq.

Le témoignage de cette mère de famille en grève de la faim

Avec ses deux garçons - Cyliann et son frère jumeau - elle a déménagé cet été de Fécamp à Notre-Dame de Gravanchon près du Havre. Les garçons sont scolarisés à l'école Albert Schweitzer, or l'AVS semble s'être perdue en route "J'ai pourtant fait l'inscription de mon fils dans sa nouvelle école dès le mois de juin et j'ai eu la notification de la MDPH qui garantit la présence d'une AVS auprès de Cyliann au début du mois de juillet. Donc je ne comprends pas, il n'y a aucune raison pour que mon fils n'ait pas son assistante", poursuit la mère de famille.

Cyliann a pourtant une notification de la MDPH lui assurant une AVS

Depuis le début du mois de septembre, Laurine a multiplié les coups de fils et les courriers "J'ai même écrit au recteur, à la préfète et à Emmanuel Macron, mais personne ne m'a répondu". Et donc après deux mois sans AVS, la normande a décidé de passer à une action plus radicale, la grève de la faim. "Depuis lundi matin, je ne bois que de l'eau. C'est fatigant, je sens que le moindre effort m'épuise, je me suis endormie à 20h hier soir. Mais je vais tenir, je suis très déterminée. Je le fais pour mon fils et j'irai jusqu'au bout".

Cyliann semble gêné de voir sa mère souffrir pour lui. "Je vois qu'elle veut m'aider, c'est bien", confie le petit garçon de 10 ans. Mais sa mère explique que les 2 mois d'école sans AVS sont compliqués "Il a du mal à suivre notamment pour l'écriture, et la maîtresse ne peut pas s'adapter complètement à lui. Du coup il stresse, il se met à chanter en classe, il a aussi des problèmes d'incontinence"

"J'irai jusqu'au bout" confie la mère de famille

Mais, et ce n'est certainement pas un hasard, la situation évolue enfin depuis que Laurine s'est mise en grève de la faim. "L'inspection me promet que l'AVS arrivera très rapidement, mais moi je n'y crois pas vraiment. J'arrêterai la grève de la faim quand l'AVS sera dans la classe avec Cyliann", conclut Laurine, devant l'école de ses enfants. Et ce cas d'enfant handicapé privé d'AVS n'est certainement pas le seul. A la rentrée, en Normandie, les témoignages se sont multipliés et à la mi-septembre, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer évoquait une difficulté sur 300 cas sur 3 500, bien loin des chiffres de la CGT qui avançait un manque de 70 % d'AVS.