Éducation

Procédure d'admission post-bac : un "énorme gâchis" selon la ministre de l'Enseignement supérieur

Par Mooréa Lahalle, France Bleu lundi 17 juillet 2017 à 10:35

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal juge qu'il n'est "absolument pas normal" que l'orientation dépende d'un système informatique.
La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal juge qu'il n'est "absolument pas normal" que l'orientation dépende d'un système informatique. © AFP - Irina Kalashnikova

La plateforme informatique d'admission post-bac (APB) est un "énorme gâchis", a jugé ce lundi la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, interrogée sur France Inter. Elle fait référence aux quelque 87.000 bacheliers toujours en attente d'une place à l'université pour la rentrée 2018.

Frédérique Vidal, actuelle ministre de l'Enseignement supérieur interrogée sur France Inter ce lundi a jugé qu'il n'était "absolument pas normal" que l'orientation dépende d'un système informatique. Selon elle, la plateforme informatique d'admission post-bac est un "énorme gâchis" alors que plusieurs dizaines de milliers de bacheliers attendent toujours d'être affectés dans une université pour la rentrée prochaine.

Une situation "qui n'a aucun sens"

Frédérique Vidal a dénoncé une "situation injuste et qui n'a aucun sens". Une vaste concertation avec les acteurs de l'enseignement supérieur doit débuter ce lundi pour "trouver rapidement des solutions pour la rentrée 2018", a-t-elle ajouté. "L'objectif que je me suis fixé et que nous nous sommes fixés collectivement" est que tous les bacheliers qui le souhaitent trouvent une affectation en université, a-t-elle affirmé.

"Nous entrons dans la troisième phase et à partir du 18 juillet, le système va changer. Il reste 200.000 places disponibles dans l'enseignement supérieur et cette fois-ci les étudiants vont avoir à se positionner sur des places dont on sait qu'elles sont libres", a-t-elle ajouté.

Supprimer le tirage au sort à la rentrée 2018

Une concertation avec les acteurs de l'enseignement supérieur (présidents d'université, syndicats étudiants, des enseignants, fédérations de parents d'élèves, etc.) débute ce lundi après-midi pour discuter de la mise en place de "prérequis" avant l'entrée à la fac afin de réduire le taux d'échec en licence. Pour cela, une meilleure orientation des jeunes et supprimer le tirage au sort dès la rentrée 2018 sont les deux principaux sujets à évoquer.

"Le tirage au sort, c'est fini en 2018, je m'y suis engagée", a rappelé Mme Vidal. Dans les filières dites "en tension", lorsque la demande dépasse les capacités d'accueil, les élèves sont en effet admis sur tirage au sort.

"Le tirage au sort fait que des étudiants dont a priori on pense qu'ils auraient toutes les chances de réussir dans une filière n'y ont pas accès et que d'autres dont on sait qu'ils ont très peu de chances de réussir y ont accès. Il faut qu'on soit en capacité de donner une réelle information aux étudiants y compris sur leur probabilité de réussir" a-t-elle ajouté.

40.000 étudiants supplémentaires chaque année dans les facs

Les facs françaises doivent accueillir chaque année quelque 40.000 étudiants supplémentaires, une hausse démographique observée depuis deux ans et qui devrait perdurer jusqu'en 2022. S'ajoutent aux néo-bacheliers les étudiants en réorientation, traités cette année sur un pied d'égalité par rapport aux jeunes ayant obtenu leur bac en 2017.

Cette année, "c'est 150.000 étudiants supplémentaires qui ont été mis dans le système APB", ce qui a "encore amplifié le gâchis" d'APB, a-t-elle détaillé.

Mi-juillet, 86.969 jeunes se trouvaient toujours sans affectation à l'université, selon des chiffres du ministère publiés samedi.

Admission post-bac : toujours 87 000 élèves sans affectation avant la 3e phase - Visactu
Admission post-bac : toujours 87 000 élèves sans affectation avant la 3e phase © Visactu - Visactu

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