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Projet Idex : les universitaires stéphanois montent au front

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Les universitaires de Saint-Étienne montent au créneau pour défendre l'autonomie de l'université Jean-Monnet. 12 membres de l'équipe de la présidence de l'université ont démissionné ces derniers jours. Le collectif qui dénonce une fusion-absorption de Saint-Étienne par Lyon compte 180 membres.

Les universitaires se mobilisent contre une fusion-absorption de l'université de Saint-Etienne par Lyon
Les universitaires se mobilisent contre une fusion-absorption de l'université de Saint-Etienne par Lyon © Radio France - Mathilde Montagnon

Jusqu'à présent, ces universitaires ont mené le combat en interne. Tenus par un certain droit de réserve. Lundi encore, ils ont tenté de prendre la parole lors d'un conseil d'administration, devant ces élus qui seront amenés à voter en septembre prochain.  Mais sans résultat regrette Baptiste Bonnet, le doyen de la faculté de droit. "Clairement nous n'avons pas pu parler. Nous avons été extrêmement mal reçus. On souhaitait simplement expliquer aux administrateurs les raisons pour lesquelles l'université-cible est extrêmement dangereuse pour l'entité stéphanoise".

L'université-cible, c'est la construction d'une entité unique, regroupant les universités de Lyon et de Saint-Étienne, qui permettrait de décrocher le label Idex, un label d'excellence avec des subventions spécifiques. Elle passe par la disparition de la personnalité morale et juridique de l'université stéphanoise. Mais pour de nombreux universitaires stéphanois, la fusion de Saint-Étienne et de Lyon est en réalité une absorption en bonne et due forme de Jean-Monnet. 

Le conseil d'administration décidera en septembre

C'est le conseil d'administration qui doit se prononcer, d'ici le 30 septembre prochain, sur cette disparition de la personnalité morale et juridique de l'UJM "en soi la perte de la personnalité morale et juridique est très problématique, mais il est vrai que si il y avait eu à l'intérieur des statuts des garanties très précises sur comment Saint-Étienne allait pouvoir exister dans la gouvernance globale, alors le risque aurait été moins grand, reconnait Baptiste Bonnet. Mais aujourd'hui il s'avère que non seulement nous perdons la personnalité morale et juridique mais que de surcroit nous n'avons aucune garantie statutaire. Ce qui veut dire qu'à très moyen terme, nous n'aurons plus aucun moyen politique et institutionnel de faire respecter notre identité stéphanoise". 

Les statuts de la nouvelle entité qui seront soumis au vote à la rentrée sont dangereux renchérit Stéphane Riou, vice-président démissionnaire de l'université Jean-Monnet en charge de la recherche. "Demain, l'établissement va être projeté dans huit pôles de formation et de recherche. Il y a un vrai risque d'éclatement de la cohésion qui a fait notre force depuis un certain nombre d'années. Nous estimons que les conditions ne sont pas réunies pour assurer une bonne représentation du site universitaire stéphanois dans les instances de l'université-cible et dans les instances du pôle de formation et de recherche". 

Des craintes pour l'avenir des étudiants, pur le CHU et pour les entreprises stéphanoises

Face à cette situation, les universitaires se mobilisent. Douze membres (sur quinze) de l'équipe de la Présidente Michèle Cottier ont démissionné. Un collectif de 180 personnes (essentiellement des universitaires) a été créé, pour alerter, et réfléchir à des alternatives. Car la disparition de l'université Jean-Monnet serait pour eux dramatique, pour les étudiants, pour la recherche, pour les filières, les labos et même pour le CHU alerte Fabien Zeni, le doyen de la fac de médecine. "Je prédis à échéance 2025-2030, moins de professeurs d'université-praticiens hospitaliers au CHU de Saint-Étienne et donc moins de recours pour notre population ligérienne".   

Des conséquences sont également à craindre en terme d'emploi estime Julie Boyer vice-présidente démissionnaire en charge de l'insertion professionnelle et des relations avec les entreprises à l'université Jean-Monnet : "L'UJM est un vecteur d'ascenseur social et d'insertion professionnelle avec une excellence. 95% de nos étudiants s'insèrent sur le marché du travail. Ce serait dommage de prendre des risques qui sont démesurés, inconscients, de ne plus être en adéquation avec notre territoire". La CPME et le Medef ont également fait part de leurs craintes. Tout comme des élus locaux, dont le maire de Saint-Étienne et le président du conseil départemental. 

Vers un projet alternatif ?

Dans ce débat, les universitaires insistent : depuis des années ils travaillent en bonne intelligence avec Lyon, et ils souhaitent que cela se poursuive. Leur combat n'a rien à voir avec celui d'un village gaulois réfractaire. Mais ils réfléchissent à un plan B. "On nous expliquait que c'était à prendre ou à laisser, qu'il n'y avait pas d'alternatives, que le premier qui faisait un faux pas faisait tomber le projet, raconte Florent Pigeon, vice-président démissionnaire du Conseil d'administration. Et puis là on voit que tout un tas de choses qu'on réclame depuis des années, mais qui malheureusement ne sont pas les questions essentielles, redeviennent possibles. Déjà, ça nous encourage, ça nous montre que le collectif que nous formons permet de faire bouger les lignes. Mais c'est totalement insuffisant. Il ne faut pas faire la sourde oreille. Le mouvement qui ne met en place aujourd'hui à Saint-Étienne mais également à Lyon, est un mouvement qui doit être écouté".  

Si le Conseil d'administration rejette la disparition de la personnalité morale et juridique de l'UJM en septembre, le collectif envisage de mettre en place des Assises pour construire collectivement un projet alternatif.

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