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Éducation

Quatre ans après son ouverture à la Martinerie, le lycée de la Fraternité St-Pie X estime avoir éteint la polémique

vendredi 31 mars 2017 à 6:00 Par Sarah Tuchscherer, France Bleu Berry

L’ouverture à Déols d’un établissement scolaire tenu par la Fraternité St-Pie X, ordre traditionnaliste parfois qualifié d’intégriste, avait suscité la polémique. Aujourd’hui, la direction estime avoir fait taire les critiques.

L'abbé Peignot dirige le le lycée professionnel Philibert Vrau, qui compte 36 élèves.
L'abbé Peignot dirige le le lycée professionnel Philibert Vrau, qui compte 36 élèves. © Radio France - Sarah Tuchscherer

Déols, France

Lors de son ouverture, à la rentrée 2012, le lycée professionnel Philibert Vrau, tenu par la Fraternité St-Pie X, ne proposait que deux sections et accueillait une dizaine d’élèves. Aujourd’hui, l’offre de formation a été élargie, et le nombre d’inscrits a augmenté. Mais les fondamentaux (travail, rigueur et foi) n’ont pas changé.

L'entrée de l'établissement, gardé par des grilles comme du temps de la présence des militaires.  - Radio France
L'entrée de l'établissement, gardé par des grilles comme du temps de la présence des militaires. © Radio France - Sarah Tuchscherer

Une ambiance studieuse et austère

L’enseignement dispensé par cet établissement hors contrat prépare les élèves au CAP, au BEP et au bac pro dans cinq matières : menuiserie, électricité, aménagement paysager, maçonnerie et cuisine. Présentés en candidats libres, les élèves du lycée ont jusqu’ici obtenu de bons taux de réussite. Il faut dire que les effectifs sont restreints (36 élèves au total) et que le planning ne laisse guère de temps à la distraction : cours de 8h du matin à 18h45 le soir, puis chapelet, étude. A l’internat, fréquenté par l’immense majorité, la lumière est éteinte à 22h. Dans les dortoirs, il n’y a ni radio, ni télé. Les téléphones portables ne sont autorisés que deux heures par jour

Une immense majorité d'élèves catholiques pratiquants

Ce régime convient bien à Jean, 16 ans, inscrit en maçonnerie. Le garçon explique avoir eu envie de se relancer après une troisième médiocre. L’aspect confessionnel de l’établissement ne l’a pas rebuté, bien au contraire : "On est cathos, je suis resté attaché à mes traditions". Fabien, lui, rêve de diriger son propre restaurant. Il a décidé de s’inscrire dans la section cuisine après avoir assisté à une conférence donnée par la Fraternité dans son ancienne école. A propos de la non-mixité et de la rareté des loisirs, il assure : "ça ne change pas grand-chose, on se donne à fond pour faire ce qu’on veut faire".

Jean et son professeur de maçonnerie. Ididio Da Costa travaillait en entreprise avant d'être recruté comme enseignant dans cet établissement hors contrat. - Radio France
Jean et son professeur de maçonnerie. Ididio Da Costa travaillait en entreprise avant d'être recruté comme enseignant dans cet établissement hors contrat. © Radio France - Sarah Tuchscherer

La place de la religion

La religion tient évidemment une place importante dans le quotidien de ces jeunes gens. Ils suivent des cours de catéchèse et ont également la possibilité d’assister à la messe (en latin, conformément à la tradition de la Fraternité), donnée dans la chapelle du lycée. "On est un établissement catholique, confirme le directeur, l’abbé Peignot. Quand des parents désirent inscrire leur enfant ou quand un enfant désire s’inscrire, on leur présente bien cet aspect confessionnel de l’enseignement et de la vie quotidienne".

Dans l'atelier de menuiserie, l'un des travaux réalisés par les élèves.  - Radio France
Dans l'atelier de menuiserie, l'un des travaux réalisés par les élèves. © Radio France - Sarah Tuchscherer

Une présence polémique ?

L’installation à la Martinerie de la Fraternité St-Pie X, qui représente un courant très intransigeant de l’Eglise catholique, qui n’est que partiellement reconnu par le Vatican, avait suscité beaucoup d’interrogations. Des militants écologistes avaient déposé un recours contre la cession des terrains. La polémique s’est tarie, affirme aujourd’hui l’abbé Peignot. Il en veut pour preuve cette anecdote : "On a reçu une association dont l’un des membres est un élu qui avait voté contre notre installation. Ils ont visité l’école, ont dîné d’un repas servi par nos élèves de cuisine. Et au cours du repas, un autre élu lui a demandé quel aurait été son vote aujourd’hui. Cet élu a répondu qu’il aurait été pour l’installation de notre école".

Des projets à venir

Pour les années à venir, la direction envisage d’ouvrir d’autres sections (boulangerie, mécanique ou bien encore plomberie, le choix n’est pas arrêté). Elle va également continuer à acquérir du matériel pour ses ateliers.

Le réfectoire attend les élèves. - Radio France
Le réfectoire attend les élèves. © Radio France - Sarah Tuchscherer

Reportage de Sarah Tuchscherer